Musique

1 DIMANCHE = 1 DECOUVERTE : Le piano de Marie Recio


Piano de Marie RecioCe dimanche, je vous propose de (re)découvrir un meuble-instrument que je présente régulièrement, comme cet après-midi, lors de mes visites guidées au Musée Hector Berlioz à La Côte Saint André, où il a pris ses quartiers en Juin 2015 : le piano de Marie Recio, seconde épouse du compositeur Hector Berlioz.

Un piano qui fut mis en vente sur le bon coin en Normandie durant l'été 2014 pour la modique somme de 800€... mais ça, c'était avant de retrouver dans les archives, grâce à son numéro de série, le nom de ses premiers propriétaires !

Le Conseil Départemental de l'Isère a alors acquis ce piano pour enrichir les collections du Musée Hector Berlioz.

Une petite vidéo a été créée, pour vous raconter plus en détails l'histoire de ce piano :



Avant de rejoindre la chambre natale d'Hector, ce piano Erard a bénéficié d'une restauration dans les règles de l'art, réalisée par Fritz Janmaat, de la Maison Erard d'Amsterdam.

Musee hector berlioz piano marie recio avant et apres restauration


Celui-ci nous a expliqué son travail dans la vidéo suivante, qui nous présente aussi les spécificités de l'instrument... et nous en fait écouter quelques notes !

Vous pouvez désormais admirer ce piano en visitant (avec ou sans moi... mais avec moi c'est forcément mieux ! ;-) ) le Musée Hector Berlioz, au 69 Rue de la République à La Côte Saint André, 2e étage, première porte à droite... dans la chambre natale !

 

Votre guide de poche, Steve.

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BIBLIO : Les Mémoires d'Hector Berlioz


Souvent au cours de mes visites guidées, des visiteurs me demandent comment je fais pour savoir tout ce que je raconte ? Il n'y a pas de mystère, c'est bien souvent dans les livres qu'un guide récolte les informations dont il a besoin, et qu'il synthétise pour les transmettre au public. Parfois il n'y a pas encore de livres et c'est alors dans les archives que l'on peut en apprendre plus, mais c'est laborieux, chronophage et... aléatoire ! Je n'en parlerai donc pas plus ici.

En revanche, je me suis dit que ça pouvait être sympa de partager sur ce blog avec vous les livres que je peux ou que j'ai pu utiliser pour construire mes visites, si vous voulez prolonger la découverte ou approfondir certains sujets.

Pour commencer cette nouvelle série "Biblio" (qui reviendra chaque 15 du mois !), je suis obligé de vous parler... des Mémoires d'Hector Berlioz !

    

Beaucoup le savent, c'est au Musée Hector Berlioz, installé dans la maison natale du compositeur Hector Berlioz, que j'ai commencé mon activité de guide indépendant, en 2012 (en vérité, j'ai commencé à y guider en 2011, mais j'étais alors agent d'accueil saisonnier, je ne me suis mis à mon compte que l'année suivante). 

C'est donc tout naturellement que le premier livre que je vous présente est en lien avec Hector Berlioz. Mieux que ça, il a été écrit par Hector Berlioz lui-même, puisque ce sont ses Mémoires dont je veux vous parler.

Quand on doit évoquer un artiste du passé, c'est évidemment les autobiographies qui vont nous intéresser pour connaître en détail sa vie, et dégoter quelques anecdotes croustillantes. J'ai d'ailleurs déjà eu l'occasion de partager avec vous sur ce blog une anecdote tirée des Mémoires de Berlioz, que je partage également en visite : la vengeance sanglante qu'il avait mis au point après une trahison amoureuse. Vous aurez donc compris aisément que les Mémoires d'Hector Berlioz constituent quelque peu ma "Bible" pour mes visites au Musée. De multiples éditions existent, avec différents "commentateurs", la plus accessible étant sans doute celle publiée aux éditions "Symétrie" (14.80€, 705 pages) qui vient d'être rééditée avec une belle couverture illustrée (15.10€, 720 pages).

Hector Berlioz commence la rédaction de ses Mémoires en 1848, alors qu'il est à Londres et qu'il n'a que 45 ans. 
Voici comment, dans sa Préface, il justifie et présente alors son projet d'autobiographie : 


"On a imprimé, et on imprime encore de temps en temps à mon sujet des notices biographiques si pleines d'inexactitudes et d'erreurs, que l'idée m'est enfin venue d'écrire moi-même ce qui, dans ma vie laborieuse et agitée, me paraît susceptible de quelque intérêt pour les amis de l'art. Cette étude rétrospective me fournira en outre l'occasion de donner des notions exactes sur les difficultés que présente, à notre époque, la carrière des compositeurs, et d'offrir à ceux-ci quelques enseignements utiles.
Déjà un livre que j'ai publié il y a plusieurs années, et dont l'édition est épuisée, contenait avec des nouvelles et des fragments de critique musicale, le récit d'une partie de mes voyages. De bienveillants esprits ont souhaité quelques fois me voir remanier et compléter ces notes sans ordre.
Si j'ai tort de céder aujourd'hui à ce désir amical, ce n'est pas, au moins, que je m'abuse sur l'importance d'un pareil travail. Le public s'inquiète peu, je n'en saurais douter, de ce que je puis avoir fait, senti ou pensé. Mais un petit nombre d'artistes et d'amateurs de musique s'étant montrés pourtant curieux de le savoir, envore vaut-il mieux leur dire le vrai que de leur laisser croire le faux. Je n'ai pas la moindre velléité non plus de me présenter devant Dieu mon livre à la main en me déclarant le meilleur des hommes, ni d'écrire des confessions. Je ne dirai que ce qu'il me plaira de dire ; et si le lecteur me refuse son absolution, il faudra qu'il soit d'une sévérité peu orthodoxe, car je n'avouerai que les péchés véniels. [...].

A la lueur de cette Préface on comprend bien que certes, des Mémoires peuvent nous apprendre beaucoup de choses, mais que l'on doit aussi savoir prendre un peu de recul vis à vis de leur contenu, puisqu'évidemment, l'auteur n'y raconte bien que ce qu'il veut. C'est ce que j'ai d'ailleurs pu vérifier, bien après leur lecture, en me plongeant dans ses lettres, bien plus précises, bien plus justes et vraies. N'oublions pas, pour la défense d'Hector, qu'au-delà des oublis volontaires, les Mémoires ont été rédigées entre 1848 et 1865... Berlioz avait 45 ans, son enfance et son début de carrière était donc déjà loin, certaines dates et certains détails se mélangent alors. 

Mais l'essentiel est là, et permet de mieux cerner l'artiste, son caractère se devine à travers ses mots (il n'a pas sa langue dans sa poche !). Il nous fait entrer dans les coulisses des préparatifs de ses concerts, nous offre parfois quelques passages plus "techniques" et purement musicaux avec l'analyse de partition, d'autres passages nous permettent de faire plus amples connaissance avec sa famille, avec les femmes qui marquèrent sa vie, et d'autres passages encore nous invitent à le suivre dans ses voyages et nous font découvrir l'Europe du XIXème siècle.

 

Hector Berlioz d'après Signol


Laissons la parole à l'artiste, avec quelques petits extraits choisis : 

"Je suis né le 11 décembre 1803, à La Côte Saint André, très petite ville de France, située dans le département de l'Isère, entre Vienne, Grenoble et Lyon. [...] La Côte Saint André, son nom l'indique, est bâtie sur le versant d'une colline, et domine une assez vaste plaine, riche, dorée, verdoyante, dont le silence a je ne sais quelle majesté rêveuse, encore augmentée par la ceinture de montagnes qui la borne au sud et à l'est, et derrière laquelle se dressent au loin, chargés de glaciers, les pics gigantesques des Alpes" (on remarquera ici que la description de sa terre natale colle encore presque parfaitement à la réalité!).

Sur ses premiers mois difficile à Paris :
"J'avais loué à bas prix une très petite chambre, au cinquième, dans la Cité, au coin de la rue de Harley et du quai des Orfèvres, et au lieu d'aller dîner chez le restaurateur, comme auparavant, je m'étais mis à un régime cénobitique qui réduisait le prix de mes repas à sept ou huit sous, tout au plus. Ils se composaient généralement de pain, de raisins secs, de pruneaux ou de dattes.
Comme on était alors dans la belle saison, en sortant faire mes emplettes gastronomiques chez l'épicier voisin, j'allais ordinairement m'asseoir sur la petite terrasse du Pont Neuf aux pieds de la statue d'Henri IV : là, sans penser à la poule au pot que le bon roi avait rêvée pour le dîner du dimanche de ses paysans, je faisais mon frugal repas, en regardant le soleil descendre derrière le mont Valérien, suivant d'un oeil charmé les reflets radieux des flots de la Seine, qui fuyaient en murmurant devant moi [...].

Sur ses errances solitaires dans la campagne italienne, lors du séjour imposée du Prix de Rome en 1831 : 
"Cette excursion était mon remède habituel contre le spleen, remède souverain qui semblait me rendre à la vie. Une mauvaise veste de toile grise et un chapeau de paille formaient tout mon équipement, six piastres toute ma bourse. Puis, prenant un fusil ou une guitare, je m'acheminais ainsi, chassant ou chantant, insoucieux de mon gîte du soir, certain d'en trouver un, si besoin était, dans les grottes innombrables ou les madones qui bordent toutes les routes, tantôt marchant au pas de course, tantôt m'arrêtant pour examiner quelques vieux tombeaux, ou, du haut d'un de ces tristes monticules dont l'aride plaine de Rome est couverte, écouter avec recueillement le grave chant des cloches de Saint-Pierre, dont la croix d'or étincelait à l'horizon ; tantôt interrompant la poursuite d'un vol de vanneaux pour écrire dans mon album une idée symphonique qui venait de poindre dans ma tête, et toujours savourant à longs traits le bonheur suprême de la vraie liberté."

Après avoir perdu ses deux épouses : 
"[...] Les deux mortes y reposent tranquillement à cette heure, attendant que je vienne apporter à ce charnier ma part de pourriture. 
Je suis dans ma soixante et unième année ; je n'ai plus ni espoirs, ni illusions, ni vastes pensers ; mon fils est presque toujours loin de moi ; je suis seul ; mon mépris pour l'imbécilité et l'improbité des hommes, ma haine pour leur atroce férocité sont à leur comble ; et à toute heure je dis à la mort : "Quand tu voudras !". Qu'attend-elle donc ?"

Au total, Hector Berlioz a "découpé" les quelques 600 pages du récit de son existence en près d'une soixantaine de chapitres, complétée de quelques reproduction de lettres notamment pour certains récits de voyages. Si cela peut paraître "costaud", les Mémoires se lisent en fait très facilement. Difficile même de ne pas sourire à la lecture de certains passages dévoilant un franc-parler et un égo... particulier !

Bref, un ouvrage incontournable quand on s'intéresse à Hector Berlioz ! Pour ma part il me suit dans chacune de
mes visites dans sa demeure natale, au cours desquelles j'en lis toujours quelques extraits à mes visiteurs ! Une manière pour moi de le faire "revivre" dans les lieux qui l'ont vu grandir... 

J'espère en tout cas que ce petit billet vous aura donné envie de vous plonger à votre tour dans ses Mémoires, et je vous donne rendez-vous le 15 février pour la présentation d'un second ouvrage !



Steve, votre guide de poche !

 

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Exposition "Métamorphoses musicales" par Thierry Chollat, au Musée Hector Berlioz

 



!!! PROLONGATION JUSQU'AU 11 JUIN 2017 !!!




A l'occasion des Journées Européennes des Métiers d'Arts ce weekend (1er/2 avril 2017), le Musée Hector Berlioz accueille une exposition temporaire printannière exceptionnelle : "Métamorphoses musicales", des sculptures réalisées par l'artiste isérois Thierry Chollat. 

S'inspirant d'un instrument de musique, l'artiste le met "en mouvement", l'anime dans l'espace, jouant avec ses formes. Petit aperçu ici avec quelques photos :


 


"La Tantième tangente", violon en fer et peinture sur carton (Photographe : Anthony Cottarel)

  
"Piano", fer et bois / "Django", guitare en fer et bois (Photographe : Anthony Cottarel)


Quelques mots de l'artiste à propos de sa démarche :

"Depuis près de deux ans, j'élabore une série de sculptures abordant la musique avec une palette instrumentale, organique, en mouvement, comme autant d'interprétations d'instruments et de regards portés par différents spectateurs.
Dans ma recherche, l'instrument en tant que repère identifiable culturellement, résultat d'une longue élaboration technique, se dématérialise comme objet pour revêtir une part d'humanité.
La métamorphose des violons, violoncelles, du piano ou du clavecin, engendre des créatures mutantes, aux formes évanescentes : toutes s'animent dans l'espace, échappant aux contraintes techniques de leurs modèles.
Lorsque nos regards sont à l'écoute des fusions éphémères, l'objet instrument, organique, évoque de par sa chair qui se structure et se déstructure, la mutation d'une transhumance des tonalités de notre espace sensible.
Une gravité aérienne où la matière tisse les liens de la forme, de la teinte et du son pour faire se côtoyer le vraisemblable et l'inatteignable. Silencieusement, ce qui était visible ne l'est déjà plus.
Dans un élan en perpétuelle évolution, s'immisce l'invitation à explorer l'écho de nos concertos imaginaires... La sculpture engendre une musique des yeux, emporte le spectateur vers un étrange voyage où tremble la Nature, dans une nouvelle forme de synesthésie." (Thierry Cholat)





"Evanescence", un clavecin de fer et de bois revisité, dans la cour de la Mairie de La Côte Saint André
(Photo perso Août 2016)



Thierry Chollat a déjà été exposé l'année dernière à la Mairie de La Côte Saint André, lors du Festival Hector Berlioz, j'avais d'ailleurs partagé avec vous tout un album photo sur facebook pour vous faire découvrir ses créations que j'avais alors adorées ! Elles partageaient les lieux avec les peintures et meubles de Henry Gérard.

Cette fois, les sculptures de Thierry Chollat viendront habiter, plus nombreuses (+ d'une vingtaine!), les différentes pièces du Musée Hector Berlioz, comme un écho à la musique de notre compositeur côtois. Le vernissage est organisé le Samedi 1er Avril, à partir de 15h, en présence de l'artiste bien sûr. Vous aurez ensuite jusqu'au 30 Avril 
11 Juin (prolongation) pour profiter de ces "métamorphoses musicales", avant qu'elles ne s'en aillent pour d'autres horizons !

Belles découvertes à vous, et à très vite pour d'autres idées de sortie... ! ;-)



Votre guide de poche, Steve.



L'artiste en pleine installation, le 29 Mars 2017 au Musée.


  


TOUTES LES PHOTOS DES METAMORPHOSES MUSICALES
INSTALLEES AU MUSEE HECTOR BERLIOZ DANS MON ALBUM FACEBOOK ICI !


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"Benvenuto Cellini, une orfèvrerie musicale", au Musée Hector Berlioz


Le Vendredi 24 Juin, à 18h30, le Musée Hector Berlioz présentera sa nouvelle exposition temporaire pour les six prochains mois. Après s'être intéressé à l'histoire de la musique enregistrée, le Musée se recentre sur Hector Berlioz pour présenter son 1er Opéra, Benvenuto Cellini, composé en 1838.

Musee Hector Berlioz - Affiche Expo Benvenuto Cellini

Après avoir rencontré plus d'une difficulté pour monter son oeuvre, Berlioz devra ensuite faire face à l'échec des premières représentations à l'Opéra de Paris, si bien qu'il ne sera rejoué en France que bien après la disparition de l'artiste...

L'exposition proposée par le Musée revient donc sur l'histoire mouvementée de cet opéra, et les diverses créations/interprétations qui ont pu en être faites depuis la 1ère représentation  de 1838 jusqu'à nos jours, grâce, entre autres, au prêt de divers costumes de scènes, mais aussi des partitions, des maquettes de costumes... 
Ce sera aussi l'occasion de comprendre toute la complexité et les diférentes étapes de la création d'une oeuvre artistique.

"Benvenuto Cellini, une orfèvrerie musicale" sera présentée jusqu'au 31 Décembre 2016, et diverses animations viendront l'enrichir (conférences, ateliers pour petits et grands, concerts, projections...). Je ne manquerai pas de vous transmettre le programme complet ici, lorsqu'il sera publié !

Je profite de ce billet pour vous annoncer que ma collaboration avec le Musée Hector Berlioz se poursuivra au moins jusqu'au mois d'août, pour le 6e été consécutif j'aurai ainsi le plaisir de conduire les visites guidées de la maison natale, et de créer et d'assurer les visites guidées de cette nouvelle exposition temporaire.

Voici les dates prévues : 


Les visites de la Maison Natale : 

     - Dimanche 3 Juillet 2016, à 15h30
     - Dimanche 7 Août 2016, à 15h30
     - Pendant le Festival Berlioz :
               - Mardi 23 Août 2016, à 15h30
               - Mercredi 24 Août 2016, à 14h
               - Vendredi 26 Août 2016, à 15h30
               - Dimanche 28 Août 2016, à 14h
               - Mardi 30 Août 2016, à 14h


Les visites de l'exposition temporaire "Benvenuto Cellini, une orfèvrerie musicale" :

     - Dimanches 17 et 31 Juillet 2016, à 15h30
     - Dimanche 14 Août 2016, à 15h30
     - Pendant le Festival Berlioz :
               - Vendredi 19 Août 2016, à 15h30
               - Dimanche 21 Août 2016, à 14h
               - Lundi 22 Août 2016, à 14h00
               - Jeudi 25 Août 2016, à 15h30
               - Samedi 27 Août 2016, à 15h30
               - Lundi 29 Août 2016 à 15h30.

En espérant avoir le plaisir de vous y croiser... ! ;-)


 

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1 DIMANCHE = 1 DECOUVERTE - N°19 : La Marche de Rákóczy ou Marche Hongroise, de Berlioz


Aujourd'hui, j'étais au Musée Hector Berlioz pour donner une conférence : "Berlioz en Allemagne : tournées à guichets fermés !".

Pour le billet-découverte de ce dimanche, je me suis dit que cela pouvait être sympa de partager avec vous et vous dire un petit mot sur un des extraits que j'ai justement fait écouter lors de ce rendez-vous, et j'ai choisi La Marche de Rakoczy (La Marche 
Hongroise) car ce n'est pas un morceau très long et surtout... vous l'avez sans doute déjà entendu quelque part... si si, cherchez bien !

 

C'est lors de sa deuxième grande tournée en Allemagne, en 1845, qu'Hector Berlioz compose ce morceau : alors qu'il est sur le point de quitter Vienne (Autriche) pour Pesth (Hongrie), un amateur viennois lui conseille, pour séduire le public hongrois, de composer un petit morceau sur un thème hongrois... Berlioz saisit l'opportunité, et met ainsi en musique la Marche de Rakoczy, qu'il jouera à Pesth : succès phénoménal ! Il le raconte dans ses Mémoires :

« Après une sonnerie de trompettes dessinée sur le rythme des premières mesures de la mélodie, le thème parait, vous vous en souvenez, exécuté piano par les flûtes et les clarinettes, et accompagné par un pizzicato des instruments à cordes. Le public resta calme et silencieux à cette exposition inattendue ; mais quand sur un long crescendo, des fragments fugués du thème reparurent, entrecoupés de notes sourdes de grosse caisse simulant des coups de canons lointains, la salle commença à fermenter avec un bruit indescriptible ; et au moment où l’orchestre déchaîné dans une mêlée furieuse, lança son fortissimo si longtemps contenu, la fureur concentrée de toutes ces âmes bouillonnantes fit explosion avec des accents qui me donnèrent le frisson de la terreur ; il me sembla sentir mes cheveux se hérisser, et à partir de cette fatale mesure je dus dire adieu à la péroraison de mon morceau, la tempête de l’orchestre étant incapable de lutter avec l’éruption de ce volcan dont rien ne pouvait arrêter les violences. Il fallut recommencer, cela se devine ; et la seconde fois ce fut à grand peine que le public put se contenir deux ou trois secondes de plus. […]
Vous pensez bien, mon cher Humbert, que la Rakoczy-indulo après cela, fut de tous les programmes et toujours avec le même succès. Je dus même, en partant, laisser à la ville de Pesth mon manuscrit qu’on désira garder, et dont je reçu une copie à Breslau un mois après. On l’exécute maintenant en Hongrie dans les grandes occasions. »

La Marche de Racoczy, ou Marche Hongroise, fut donc un grand succès et très appréciée, si bien qu'il l'intègrera dans sa grande Damnation de Faust.

Cette marche est l'un des morceaux les plus populaires et connus de Berlioz... sans même que le public sache ou du moins se souvienne que Berlioz l'ait composé, pourquoi d'après-vous ? Avez vous retrouvé où vous l'avez déjà entendu ?


Réfléchissez bien...

Si si...

Toujours pas ?

Pour ceux qui donnent leur langue au chat, la réponse en un clic ci-dessous dans la bande annonce de ce film très connu (et à partir de 1'20 pour la musique qui nous concerne !) :

 

 

Eh oui, Berlioz a été repris dans La Grande Vadrouille ! Vous voyez vous la connaissiez... ! ;-)
Et pour l'anecdote, sachez que c'est Louis de Funès en personne qui a réellement dirigé l'orchestre, pour jouer la Marche Hongroise dans le film !

A la semaine prochaine pour un nouveau billet-découverte !


Steve, votre guide de poche !

 

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