2nde Guerre Mondiale

1 DIMANCHE = 1 DECOUVERTE - Un nouveau logo pour la Maison d'Izieu (01)

 

Maison d'Izieu - Coucher du soleil

Partenaire de la Maison d'Izieu, dans l'Ain, depuis fin 2018, j'y suis régulièrement en visite, particulièrement ces dernières semaines pour y guider des classes de collégiens et lycéens venus découvrir le Mémorial. C'est donc l'occasion de dédier à ce lieu mon billet-découverte du jour, pour vous en dire un peu plus et vous donner envie, à votre tour, de (re)découvrir les lieux.

LA MAISON D'IZIEU, Colonie des enfants réfugiés de l'Hérault : 

Ouverte par Sabine et Miron Zlatin, avec le soutien du sous-préfet Pierre Marcel Wiltzer, la Maison d'Izieu, dite alors "colonie des enfants réfugiés de l'Hérault", accueille de Mai 1943 à Avril 1944, plus d'une centaine d'enfants juifs pour les soustraires aux persécutions antisémites.

Mais au matin du 6 Avril 1944, les 44 enfants et 7 éducateurs qui s'y trouvent sont raflés et déportés sur ordre de Klaus Barbie, un responsable de la Gestapo à Lyon. Tous seront déportés à Auschwitz, à l'exception de deux adolescents et de Miron Zlatin, fusillés à Reval (aujourd'hui Tallin) en Estonie. Seule Léa Feldblum, une des éducatrices, survivra à Auschwitz, tous les autres étant gazés dès leur arrivée dans le camp polonais. Elle sera un témoin crucial lors du procès Barbie, puisque c'est la dernière à avoir vu les enfants.


LE PROCES BARBIE, un événement fondateur : Klaus Barbie

Il faudra plusieurs décennies pour attrapé le responsable de ce massacre. Traqué et ramené en France en 1983 par Beate et Serge Klarsfeld aidés de Fortunée Benguigui et Ita-Rosa Halaunbrenner, mères d’enfants raflés à Izieu, Klaus Barbie est enfin présenté devant la justice française. Avec la mobilisation de nombreux témoins, il est jugé et condamné à Lyon en 1987, pour Crime contre l’Humanité. Ce procès ancre définitivement la rafle d’Izieu dans le paysage mémoriel français.



LA MAISON D'IZIEU, mémorial des enfants juifs exterminés :
 


Au lendemain de ce procès, en mars 1988 se constitue autour de Sabine Zlatin l’association du « Musée-Mémorial des enfants d’Izieu ».
Depuis le décret du président de la République du 3 février 1993, la Maison d’Izieu est, avec l’ancien Vélodrome d’Hiver et l’ancien camp d’internement de Gurs, l’un des trois lieux de la mémoire nationale des victimes des persécutions racistes et antisémites et des crimes contre l’humanité commis avec la complicité du gouvernement de Vichy dit «gouvernement de l’État français » (1940- 1944).

Le site est protégé et inscrit à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques en 1991 grâce à une souscription publique nationale. Inscrit au programme des Grand Travaux de la Présidence de la République, le mémorial de la Maison d’Izieu est inauguré le 24 avril 1994.

Maison d'Izieu - Parcours permanent

Après un agrandissement en 2015, le Mémorial offre un grand parcours permanent, scindé en trois espaces distincts présentant :
- l’aspect historique « Pourquoi des enfants juifs à Izieu ? », dans la plus grande salle, qui permet au visiteur de se replonger dans le contexte historique de la seconde guerre mondiale, et de comprendre le processus qui a abouti à la rafle d'Izieu
- l’aspect judiciaire « De Nuremberg à La Haye : juger les criminels »,  au rez-de-chaussée de la grange, qui revient sur les grands procès internationaux (Nuremberg...), mais aussi au très important "Procès Barbie".
- l’aspect mémoriel « La mémoire et sa construction », à l'étage de la grange, qui revient notamment sur la création du mémorial d'Izieu.

Maison d'Izieu - Salle de classe
La Maison, quant à elle, reste entièrement dédiée au souvenir des enfants et leurs éducateurs.

Une première salle au RDV présente le couple fondateur de la colonie, Sabine et Miron Zlatin, ainsi que les adultes qui encadraient encore la colonie le jour de la rafle du 6 avril 1944, tandis que dans le réfectoire qui suit, une scénographie sobre laisse toute la place aux enfants, à travers la présentation de leurs lettres et dessins.

A l'étage ensuite, la salle de classe nous rappelle qu'à partir d'octobre 1943, les enfants auront leur propre "école" avec les cours dispensés par leur institutrice Gabrielle Perrier. Puis la visite se termine par les dortoirs, entièrement vides, qui permettent de "rencontrer" chacun des 44 enfants raflés, au fil de leurs portraits accrochés au mur.

 

Maison d'Izieu - Nouveau logo

UN NOUVEAU LOGO POUR LE MEMORIAL : 

Depuis quelques semaines, la Maison d'Izieu arbore un nouveau logo, résolument moderne et... riche en symboles, pour qui sait décrypter ce "tangram" ! 

Tout d'abord, par sa forme générale, le logo rappelle à la fois la maison, où étaient logés les enfants, mais aussi une enveloppe, et par là même la correspondance des enfants, leurs lettres présentées au Mémorial.

Composé de 7 pièces, ce logo est un écho aux 7 éducateurs raflés le 6 Avril 1944.

Tandis que 44 pièces composent le nom, "Maison d'Izieu", en référence aux 44 enfants raflés.
 

LE TANGRAM RECOMPOSITION / RECONSTITUITION PUZZLE DE LA MÉMOIRE COMMENT RECONSTRUIRE AUTRE CHOSE AVEC LES ÉLÉMENTS BRISÉS DU PASSÉ ?
« La légende dit qu’un empereur chinois du XVIe siècle du nom de « Tan », fit tomber un carreau de faïence qui se brisa en 7 morceaux. Il n’arriva jamais à rassembler les morceaux pour reconstituer le carreau mais l’homme s’aperçut qu’avec les 7 pièces il était possible de créer de formes multiples, d’où l’origine du jeu de tangram.» Conception graphique : Jeanne Roualet

DES VISITES VISITES GUIDEES, DES ATELIERS-VISITES POUR ENFANTS... : 

Si ce petit billet vous a donné envie de (re)découvrir le Mémorial, sachez que la Maison d'Izieu est ouverte du Lundi 17 au Vendredi 21 Février de 9h à 17h, en visite libre.

VISITES ACCOMPAGNÉES du lundi 24 février au vendredi 8 mars à 15h30 (45min)
La Maison d’Izieu propose une visite de la maison accompagnée par un médiateur
pour découvrir le lieu de vie des enfants, leurs lettres, leurs portraits.

 

- Les week-ends à partir du 2 mars à 14h30 et 15h30 : La maison / 16h30 : « Justice et mémoire : le procès K. Barbie » (45min)
La Maison d’Izieu propose une visite de la maison accompagnée par un médiateur pour découvrir le lieu de vie des enfants, leurs lettres, leurs portraits et une visite accompagnée de l’exposition permanente sur la thématique « Justice et mémoire : le procès K. Barbie »

Les 26 Février et 4 Mars 2020, à 14h30 : ATELIER-VISITE POUR LES ENFANTS DE 8 À 13 ANS
(sur inscription, assuré à partir de 3 enfants, 20 enfants max, durée 1h30)

Les mercredis durant les vacances scolaires de la zone A. Cet atelier-visite est dédié aux enfants de 8 à 13 ans. Il permet de découvrir le parcours des enfants juifs et de leur famille durant la Seconde Guerre mondiale. La première partie est consacrée à 45 minutes d’atelier, la seconde à la visite de la maison, lieu de mémoire où sont rassemblés les dessins et lettres des enfants.

Et si vous êtes intéressés pour une visite guidée avec l'un de vos groupes, n'hésitez pas à me contacter bien sûr !

Belle soirée et à bientôt !

Steve, votre guide de poche !

 

 

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1 DIMANCHE = 1 DECOUVERTE - N°16 : Lettre d'un Juif réfugié à Grenoble sous l'occupation italienne


Après une petite accalmie durant les vacances scolaires, demain je serai de retour au Musée de la Résistance et de la Déportation de l'Isère où j'ai pas mal guidé ces dernières semaines, je me suis donc dit que ça pouvait être sympa de mettre en lumière ce lieu à travers ce billet-découverte dominical aujourd'hui ! 

Enfin "sympa", vous attendez pas à vous fendre la poire non plus, car le sujet est très sérieux ! Mais il peut être aussi très intéressant.

Les objets et documents présentés au sein de l'exposition permanente sont nombreux, je suis donc souvent contraint de n'en montrer qu'une partie au cours de mes visites guidées.

Mais il y en a que je présente systématiquement. Par exemple, cette lettre d'un Juif réfugié à Grenoble sous l'occupation italienne, adressée le 7 Juin 1943 à un proche à Paris, alors occupée par les Allemands (mais la lettre fut interceptée par la censure à Vichy le 10) :


Musee de la Résistance et de la déportation de l'Isere - Lettre d'un juif réfugié à Grenoble sous l'occupation italienne

S'il s'agit ici d'un fac-similé, le plus important reste évidemment le texte, qui nous en apprend beaucoup sur la situation des réfugiés Juifs à Grenoble durant l'occupation italienne. Je le fais d'ailleurs lire à chaque visite par mes élèves. A la fois pour me reposer (bah ouais faut pas déconner !), mais aussi pour qu'ils s'écoutent, et s'intéressent à l'Histoire, et quoi de mieux pour cela que les mots de ceux qui l'ont vécu ?!

"Je suis à Grenoble, parce qu'à Lyon ce sont les Allemands qui sont là, et on ne sais pas ce qui peut nous arriver, tandis qu'ici ce sont les Italiens qui règnent et sont vraiment très chics avec nous.
Tu m'écris que tu voudrais venir ici, je te crois, car ici, c'est la vraie Palestine, et on peut s'amuser comme dans le vieux temps.
Je sais malheureusement que tu n'as pas d'argent, ici il y a un comité qui donne 300 frs par personne et par mois et un autre qui donne 400 frs par mois et par personne, c'est l'argent américaine..."


PETIT RAPPEL HISTORIQUE :

L'occupant italien est présent à Grenoble dès Novembre 1942.
Alors que la capitale des Alpes appartenait à la zone libre dirigée par Pétain et Vichy depuis la signature de l'Armistice le 22 Juin 1940, le débarquement des Alliés en Afrique du Nord le 8 Novembre 1942 (opération "Torch") inquiète Hitler, qui craint alors pour la suite un débarquement dans le sud de la France, qu'il ne contrôle pas. Il réplique donc par l'opération "Anton", dès le 11 Novembre 1942 : en une journée, toute la zone libre est occupée.
Mais déjà fortement sollicitée sur le front russe, l'armée allemande sera ici aidée par l'armée italienne, qui sera ainsi chargée d'occuper toute la région alpine, dont Grenoble. Deux occupations bien différentes !


La lettre nous apprend que cet occupant italien est visiblement "très chic" avec les Juifs, l'auteur parle même de Grenoble comme de la "vraie Palestine", comme s'il était chez lui à pouvoir "s'amuser comme dans le Vieux Temps", soutenu financièrement qui plus est par l'argent américain.

La situation des Juifs à Grenoble semblait donc apaisée sous l'occupation italienne, après les 1ères rafles organisées quelques mois plus tôt par le régime de Vichy.

Malheureusement, lorsque les Nazis remplaceront les Italiens à Grenoble à partir de Septembre 1943, ils vont vite mettre un terme à cette relative tranquilité pour rattraper le retard pris dans les "quotas de déportation" dans la région... mais çà, c'est une autre histoire, si vous voulez en savoir plus, je vous raconterai peut être la suite dans un prochain billet... sinon vous pouvez aussi me suivre en visite guidée ! ;-)

 

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8 Mai 1945 - 8 Mai 2015 : Une course pour le 70e anniversaire de l'Armistice !

Affiche course de la resistance 2015

 

Pour la 1ère fois, le Musée de la Résistance et de la Déportation de l'Isère et la Ville de Grenoble organise une "Course de la Résistance" le 8 Mai 2015, à partir de 11h, à l'occasion du 70e anniversaire de l'Armistice.

Au programme : une course à pied de 10 kms à travers la ville pour découvrir à votre rythme les sites emblématiques de la Seconde Guerre Mondiale à Grenoble, entre la Place de la Résistance (Presqu'Île) et le Parc Paul Mistral.
Une course à la fois "sportive" et culturelle, puisque des panneaux d'informations ponctueront le parcours.

Le tarif est de 4€ par personne jusqu'au 23 avril, puis 8€, et enfin 10€ le jour J pour ceux qui voudront s'inscrire sur place. Sinon c'est possible en ligne ICI !

A noter qu'une version "rando famille" partira à 11h45, avec deux itinéraire (5 et 10kms) réalisables à pied, à vélo ou même en rollers !

Voici un petit aperçu du parcours qui vous attend :

Parcours course de la resistance 2015

 

ATTENTION, suite à la montée des eaux de l'Isère ces derniers jours, le tracé du parcours de la Course de la Résistance est modifié, voici le nouveau :

 

 

Bonne course à tous !

Votre guide de poche, Steve.

 

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"Vercors 40/44", du 14 Juin au 13 Octobre 2014 au MRDI

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Après la rétrospective sur les évènements de l'Automne 43 durant l'exposition précédente, le Musée de la Résistance et de la Déportation de l'Isère poursuit son travail de mémoire, en consacrant sa nouvelle exposition temporaire estivale aux évènements qui marquèrent le maquis du Vercors au cours de l'été 1944, quelques semaines tout juste avant la libération de la région...

L'exposition s'ouvre d'abord sur la dimension géographique que recouvre le mot Vercors, qui de plateau est devenu aujourd'hui un Parc Naturel Régional beaucoup plus étendu.

Puis on nous présente le massif AVANT la guerre, un territoire déjà ouvert et animé, par les activités pastorales et sylvicoles, mais aussi déjà les premiers "touristes".

Ensuite, l'exposition reprend, étape par étape, l'évolution de ce massif au cours du conflit, après la déclaration de guerre puis la mise en place du Régime de Vichy, puis les différents "Vercors" qui vont se succéder :

  • Le "premier Vercors" (1941-43) qui correspond aux prémices de la Résistance, avec le "Plan Montagnard", la naissance des premiers maquis... et les premières attaques de l'occupant pour les détruire.
  • Le "deuxième Vercors" (1943-1944), le coeur du conflit, avec la "renaissance" du maquis au cours du printemps 1944 malgré les attaques allemandes
  • Le "troisième Vercors" (juin-juillet 1944), entre l'espoir du débarquement des Alliés en Normandie le 6 Juin 1944 et la désillusion d'un Plan Montagnards abandonné par ces mêmes Alliés et de milliers de résistants pris au piège et massacrés sur le maquis par l'occupant au cours de l'été... 

Sans oublier évidemment l'après-guerre et la reconstruction... 

Croisant des sources françaises et allemandes pour un regard inédit et faire le point sur ce que nous savons du conflit dans la région, cette exposition profite également de ce 70e anniversaire pour revenir sur les questions de mémoire, en étudiant les nombreuses représentations que le Vercors a pu suscité depuis la Libération, que ce soit à travers les livres, les films, la musique, les discours politiques... qui ont fait du maquis du Vercors un maquis "emblème".

"Vercors 40/44" sera présentée du 14 Juin au 13 Octobre 2014 au Musée de la Résistance et de la Déportation de l'Isère, à Grenoble.

Bonne visite à tous,

Votre guide de poche, Steve.

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JEUX - Mots Mêlés N°4 : Seconde Guerre Mondiale et Résistance

8 Mai 1945 : Il y a 69 ans, jour pour jour, le Général de Gaulle annonce la fin de la Seconde Guerre Mondiale.

Alors aujourd'hui, je vous propose une petite grille de mots mêlés consacrée à ce conflit, à l'Occupation et à la Résistance, des évènements sur lesquels je reviens régulièrement aux cours de mes visites guidées du Musée de la Résistance et de la Déportation de l'Isère à Grenoble.

Comme c'est un sujet riche, une grille encore plus grande (600 lettres), 86 mots à trouver, pour découvrir quel était le vrai nom de l'Abbé Pierre, un acteur important de la Résistance iséroise.

Comptez entre 20 et 30 minutes pour cette grille, que vous pouvez TELECHARGER ICI !

Gin steve mots m l s 4 seconde guerre mondiale et r sistance l abb pierre

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