PATRIMOINE - MONUMENTS/LIEUX

Petit best-of de mes articles où je vous présente un lieu, un monument... une visite virtuelle pour vous donner envie de les découvrir "en vrai", avec ou sans moi ! :)

 

 

1 DIMANCHE = 1 DECOUVERTE : Les catacombes de PARIS


Après notre balade virtuelle au Sri Lanka la semaine dernière, avec l'ascension du Rocher du Lion, changement d'ambiance ce soir ! Retour en France, à Paris, pour une visite... des catacombes !

Paris - Catacombes - Des crânes et des fémurs par milliers, par millions...

L'année dernière à la même période de l'année, j'étais embarqué à l'improviste à Paris par une amie (coucou Pauline !), pour un concert loin de mes habitudes musicales, nous en avons profité pour vadrouiller un peu en journée dans la capitale. Ceux qui suivent ma page facebook avaient pu avoir un petit aperçu de Paris vu d'en haut, plus exactement du sommet de la Tour Montparnasse, malgré la météo peu clémente ce jour là :

Paris - Panorama vu du sommet de la Tour Montparnasse

Le lendemain, c'est le Paris vu d'en bas qui nous a attiré, le Paris souterrain : direction les catacombes !

Bon déjà, la première chose à savoir, c'est qu'il faudra vous armer de patience pour les visiter, car le site ne peut accueillir que 200 visiteurs simultanément, pour des raisons de sécurité probablement. Donc soit vous vous levez tôt pour être parmi les premiers visiteurs à entrer, soit vous achetez un coupe-file avec audioguide quelque peu coûteux (29€ au lieu de 18€, voire 13€ l'entrée sans audioguide). Sinon, vous faites comme nous, vous faites la queue pendant... 2 heures ! Alors oui, c'est long, mais ça vaut le coup, promis !

Les catacombes de Paris, qu'est-ce que c'est ?

Dès le Ier siècle après J.C., les Gallo-Romains exploitent le calcaire de la région pour construire Lutèce. Au Moyen-Âge, les besoins de pierre sont très importants (construction de Notre-Dame de Paris, du Louvre, des remparts...), les carrières deviennent souterraines, et les galeries se multiplient sous la ville.

Paris - Catacombes - Carte des carrières à Paris et ses environs


En 1780, on décide d'aménager une partie de ces cavités pour accueillir les ossements du cimetière des Saints-Innocents (aux Halles), alors le plus important cimetière de Paris, mais qui ferme ses portes pour des raisons de salubrité publique.

Puis progressivement, ce sont les ossements de tous les cimetières du centre de Paris qui sont regroupés ici au XIXème siècle, au fil des travaux d'aménagements urbains de la capitale. Les derniers dépots d'ossements sont réalisés en 1859, lors des travaux haussmaniens. Cela fait alors déjà plus d'un demi-siècle que l'ossuaire est ouvert à la visite... 

Paris - Catacombes - Une construction parfaite !

Le parcours de visite : 

On commence par descendre les 130 marches de l'escalier d'accès, qui nous permet de nous rendre 20 mètres sous terre, et d'accéder aux premières galeries. C'est l'Inspection générale des carrières, créée en 1777, chargée alors de la protection et de la consolidation du sous-sol parisien, qui va réaliser les aménagements. On retrouve à plusieurs endroits, le long des galeries confortées, la signalétique des ingénieurs, permettant de suivre la chronologie des aménagements :

Paris - Catacombes - Murs de confortation des galeries des carrieres

Paris - Catacombes - Signalétique des architectes et ingénieurs de l'inspection générale des carrières

Un peu plus loin, d'autres inscriptions évoquent l'Aqueduc d'Arcueil, construit entre 1613 et 1623 sur ordre de Marie de Médicis, pour amener les eaux des sources de Rungis à Paris. La galerie de pierre circule juste sous la surface du sol, mais suite à un effondrement de carrière en 1781, il a fallu reconstruire un tronçon de 150m, tout en consolidant la carrière ici, 20m plus bas, pour éviter d'autres effondrements.

Paris - Ctacombes - Signalétique Aqueduc d'Arcueil

Un peu plus loin encore, on arrive à l'Atelier, une partie où la carrière est encore visite, le "ciel" de celle-ci étant soutenu par les piliers tournés (masse de roche laissées en place après extraction de la pierre autour) et les piliers à bras (construits par les carriers grâce à de gros blocs empilés "à bras d'homme"). Entre eux, des hagues (petits murets de pierre) contiennent les déchets de taille, les remblais.

Paris - Catacombes - L'Atelier

Paris - Catacombes - Piliers

Puis, enfin, nous arrivons à l'entrée de l'ossuaire, "l'Empire de la Mort" ! Le ton est donné... 

Paris - Catacombes - Entree de l'ossuaire

Commence alors une déambulation entre des milliers, des millions de crânes, de fémurs... et autres ossements moins organisés.

Paris - Catacombes - Crânes

L'ossuaire fait une boucle dans le quadrilatère constitué en surface par l'avenue René Coty, les rues Hallé, Dareau et d'Alemberg.

Si les premiers ossements sont jetés pêle-mêle par un ancien puits d'exploitation de la carrière, très vite, vers 1810, Héricart de Thury, inspecteur général des carrières, aménage les lieux de manière ordonnée. Sont ainsi montés des hagues, des murs, avec des os longs, généralement les fémurs, que l'on décore avec des crânes. Tous les autres ossements restent en vrac derrière les hagues.

Paris - Catacombes - Une hague d'ossements : un mur de fémurs et de crânes et derrière les autres ossements en vrac

Paris - Catacombes - Un fémur, deux fémurs, trois fémurs...

Une signalétique précise permet d'identifier les cimetières d'origine des ossements.

Paris - Catacombes - Des alignements parfaits !

Mais on n'hésite pas également à "mettre en scène" les ossements, jouant avec les crânes notamment pour former des croix, des porches, des coeurs... 

Paris - Catacombes - Mise en scène des ossements ici coeur de crânes

Paris - Catacombes - Mise en scène des ossements sous forme de porche et de croix

Paris - Catacombes - Mise en scène des ossements sous forme de croix

Paris - Catacombes - Mise en scène des ossements ici forme de croix

Paris - Catacombes - Mise en scène des ossements

A noter que seuls les plus beaux crânes sont présentés de face, les autres sont retournés.

Paris - Catacombes - Alignement de crânes seuls les plus beaux sont présentés de face

Paris - Catacombes - Crâne

Sur le parcours, on peut voir la fontaine dite de "la Samaritaine", un puits autour duquel a été aménagée une petite pièce circulaire dont les parois sont là aussi constituées d'ossements, en provenance ici du cimetière des Innocents. Ce puits donne accès à une petite nappe phréatique et permettait aux ouvriers des carrières de fabriquer le mortier qu'ils utilisaient pour élever les hagues.

Paris - Catacombes - Fontaine dite de

De multiples sentences et réflexions sur la fragilité de la vie humaine ponctuent ce cheminement macabre, pour interpeller le visiteur...

Paris - Catacombes - Des petites phrases ponctuent le parcours dans l'ossuaire

Le parcours se termine sur le "tonneau", un pilier de soutènement qui s'est vu cerné lui aussi d'ossements, offrant une forme originale, devenu l'un des emblèmes des Catacombes de Paris !

Paris - Catacombes - Le tonneau qui conclue la visite

Paris - Catacombes - Le Tonneau

Une belle conclusion pour cette visite insolite dans les souterrains de Paris, au milieu de millions de squelettes... la balade vous a plu ?

Quelques infos pratiques pour vous organiser une vraie visite :

Jours et horaires d'ouverture :

Du mardi au dimanche de 10h à 20h30, Fermeture des caisses à 19h30. 
Les Catacombes sont ouvertes le 14 juillet, le 15 août, le 1er novembre et le 11 novembre.
Fermée les lundis et certains jours fériés : 1er mai et 1er janvier.

Tarifs :

Plein tarif : 13€
Tarif réduit : 11€ (jeunes 18/26 ans...)
Gratuit pour les demandeurs d'emplois, les guides-conférenciers...
Audioguide en supplément : 5€

Possibilité de réserver en ligne les coupe-files avec audioguide à 29€/pers sur le site internet officiel.

 

A la semaine prochaine pour une nouvelle visite virtuelle... !

Steve, votre guide de poche !

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1 DIMANCHE = 1 DECOUVERTE : Sigiriya, ou le Rocher du Lion (SRI LANKA)

Sri Lanka - Panorama au sommet de Sigiriya

Chaque 1er dimanche du mois, le billet-découverte dominical vous emmène à la découverte d'une contrée étrangère que j'ai eu la chance de visiter et que je vous invite à visiter à votre tour. En janvier, c'est un petit bout d'Islande que je vous présentais, avec la Cascade ou Chute d'Or de Gullfoss, et le mois dernier, nous étions au Jardin botanique de Madère.

Aujourd'hui, je vous propose d'embarquer pour une autre île, bien plus chaude mais aussi bien plus lointaine : le Sri Lanka !

Carte Sri Lanka - Sigiriya



C'est il y a tout juste deux ans, fin février 2017, que j'ai posé pour la 1ère fois un pied en Asie, pour un véritable choc culturel, mais pas seulement : l'histoire et le patrimoine Sri Lankais sont très riches, et les paysages magnifiques !

Pour ce 1er billet sri-lankais, je vous emmène sur un site qui allie tous ces aspects : Sigiriya, aussi appelé le Rocher du Lion. C'est sans doute l'un des sites incontournables de l'île, au programme de tous les tour-opérateurs proposant des circuits au Sri-Lanka.

Sri Lanka - Rocher de Sigiriya

Au coeur de l'ile, et au coeur de la jungle trône un immense rocher, au sommet duquel fut construit un palais-forteresse il y a 1500 ans (quand ce cher Clovis devenait 1er Roi des Francs de l'autre côté du globe, pour vous situer un peu !). L'histoire raconte qu'à cette époque là, au Sri Lanka, Kassyapa tua son père en l'emmurant vivant, pour lui voler le trône qui aurait dû revenir à son frère ainé, Mogallana, qui évidemment pour éviter d'être emmuré lui aussi, fut contraint à l'exil, en Inde.
Kassyapa avait le pouvoir, mais il craignait tout de même le retour de son frère, c'est pourquoi il quitta avec son armée la capitale royale Anurâdhapura, pour s'établir plus au sud ici, sur le rocher de Sigiriya, où il fit bâtir sa forteresse qui était également un véritable palais.

Pour y accéder, il faut d'abord passer les remparts et fossés, payer le droit d'entrée (une trentaine d'euros!), puis c'est parti pour la visite, suivez moi !

Sri Lanka - C'est parti ! Traversée des jardins de Sigiriya

Au pied du rocher-forteresse, avaient été aménagés d'immenses jardins, qui mêlent encore aujourd'hui végétation et rochers mais surtout ruines et bassins toujours en eau. Leur étendue laisse imaginer le faste de l'époque.

Sri Lanka - Jardins et ruines au pied du rocher de Sigiriya Sri Lanka - Jardins et ruines au pied du rocher de Sigiriya

Après la traversée de ces grands jardins, arrivent les premières marches... il faudra en grimper plus de 1200 pour atteindre la cime du Rocher du Lion ! Et là la grande joie des sites ultra-touristiques : tous à la queue leu-leu, ça vous bouscule, ça vous écrase... si vous avez déjà fait la Fête des Lumières à Lyon, imaginez la foule de la Place des Terreaux entassée sur un escalier d'un mètre de large ! Il faut donc rester patient pour éviter tout incident diplomatique ! :D

Sri Lanka - Premières marches Sigiriya   Sri Lanka - Ascension Groupée de Sigiriya

Observez bien la photo de droite, la passerelle qu'on aperçoit à travers le feuillage... c'est la 1ère étape de l'ascension, où ça bouchonne un peu, pour deux raisons : c'est le premier point de vue dégagé sur les jardins qu'on vient de traverser, d'une part, et c'est aussi à partir de là que le passage se rétrécit encore puisque nous sommes désormais à flanc de falaise... pire encore, un escalier à vis nous attends, pas très pratique pour fluidifier le trafic !

 

Sri Lanka - Vue du 1er palier Sigiriya avec les jardins en contrebas

Sri Lanka - Sigiriya - A flanc de falaise  Sri Lanka - Sigiriya escalier a vis

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cet escalier à vis permet de rejoindre une sorte de cavité sous la roche, une faille naturelle où, protégée du soleil et de la pluie, une fresque longue de plus de vingt mètres qui daterait du Vème siècle présente une vingtaine de femmes, les "Demoiselles de Sigiriya", dénudées pour la plupart mais dotées de nombreux bijoux.

Au moment de notre passage, les photos étaient interdites, sans doute pour fluidifier le trafic, à d'autres moments de la journée il semble qu'il soit possible d'en prendre, puisqu'on en retrouve assez facilement sur le net. Exceptionnellement je vous glisse donc ici des photos qui ne sont pas les miennes mais celles de diverses agences de voyages ou voyageurs, mais c'est pour vous donner une idée de la richesse de ces fresques : 

Sri lanka - Les demoiselles de Sigiriya

Sri lanka - Les demoiselles de Sigiriya

Sri Lanka - Les demoiselles de Sigiriya

Qui étaient ces femmes ? Les nombreuses femmes du Roi Kassyapa ? (On dit qu'il avait plus de 500 concubines...!). Nul ne le sait. Ces fresques n'en demeurent pas moins un véritable petit trésor. Néanmoins, l'ascension n'en est pas pour autant terminée, loin de là, alors hop on redescend par un second escalier à vis, puis on poursuit le long de la falaise... au passage, petit coup d'oeil sur un mur rempli de graffitis, qui dateraient pour les plus anciens du VIIème siècle, mais à vrai dire on ne voit plus grand chose tellement la surface du mur a été abîmée (il est pourtant interdit de le toucher...!), je vous épargnerai donc une photo inutile.

En revanche, après encore plusieurs minutes d'ascension, nous arrivons sur le premier plateau, où se trouvait l'entrée du Palais. La vue est de plus en plus impressionnante... et quelques singes nous accompagnent !

Sri Lanka - Sigiriya - Singe et panorama sur les jardins


Je vous ai dit qu'on retrouvait l'appellation "Rocher du Lion" pour ce site.
C'est parce que l'entrée du palais était autrefois marquée par une statue géante de lion, on passait alors par sa gueule pour entrer. Il ne reste aujourd'hui que les énormes griffes du félin. Pas facile de prendre une photo sans touriste... !

Sri Lanka - Sigiriya - Pattes du lion et quelques touristes

Sri Lanka - Sigiriya - Pattes du lion et quelques touristesSri Lanka - Sigiriya - Patte du lion  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Non vous ne rêvez pas, la suite de l'ascension, c'est bel et bien cet escalier abrupte et étroit qui s'accroche à la falaise... aller, courage, il ne reste que 250 marches environ ! En chemin, le panorama sur la jungle est sublime !

Sri Lanka - Sigiriya - Panorama Ouest Escalier 1 sur 3

Sri Lanka - Sigiriya - Panorama ouest escalier 2 sur 3

Sri Lanka - Sigiriya - Panorama ouest escalier 3 sur 3

Et enfin, le sommet ! Un sommet rouge brique, de la couleur des nombreuses fondations, seuls vestiges de l'immense palais forteresse construit là il y a 1500 ans... on en devine néanmoins l'ampleur ! Il reste également un immense bassin (piscine du roi ? réservoir ?).

Sri Lanka - Sigiriya - Ruines au sommet et bassin

Sri Lanka - Sigiriya - Ruines et bassin

 

Mais le must est la vue à 360° qu'offre le plateau ! Je vous ai déjà montré le sud (les jardins) et l'ouest (la jungle), allons jeter un oeil au nord et à l'est, où l'on retrouve là aussi la jungle, des lacs... et d'autres sommets, au loin !

Sri Lanka - Sigiriya - Panorama nord est 1 sur 3

Sri Lanka - Sigiriya - Panorama nord est 2 sur 3

Sri Lanka - Sigiriya - Panorama nord est 3 sur 3

On se sentirait presque les rois du monde, au sommet de ce Rocher du Lion ! 
Vous admettrez que ça valait le coup de grimper les plus de 1200 marches qui nous ont menés jusque là... mais il va falloir désormais les redescendre et dire adieu à ces sublimes paysages !

Sri lanka sigiriya zoom panorama est

Nous croiserons sur le chemin quelques moines qui apportent quelques touches colorées sur les dernières photos très "vertes" de ce lieu exceptionnel classé au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1982.

Sri Lanka - Sigiriya - Moines

J'espère que cette visite virtuelle à l'autre bout du monde vous aura plu, et donner envie d'en découvir plus à propos du Sri Lanka !
Mais il est temps désormais de s'envoler pour rentrer en France, avec une dernière vue du Rocher du Lion prise du ciel, qui n'est pas de moi mais qui permet de faire un bel adieu à ce site magnifique... 

A très vite pour un prochain billet-découverte, d'ici là je vais rêvasser un peu à mes prochaines vacances... sniiif Sri Lanka tu me manques !
 

Steve, votre guide de poche !

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1 DIMANCHE = 1 DECOUVERTE : L'apothicairerie de l'Hôtel-Dieu de Bourg-en-Bresse



Ce vendredi, je participais à l'Assemblée Générale de l'Association GRENAT, le regroupement associatif des Guides de la région Rhône Alpes Auvergne que j'ai intégré en 2017. Alors que le métier de guide est finalement assez "solitaire" puisque bien souvent on se "croise" dans la rue en visite sans pouvoir échanger bien plus, cette association permet au contraire aux guides de se retrouver régulièrement, autour de formations, d'éductours, mais aussi d'apéro-guides et autres types de réunions/animations pour défendre le métier de guide, en faire la promotion, échanger des offres de visites entre guides...

Chaque année en janvier a lieu l'Assemblée Générale, où l'on se retrouve vraiment tous (du moins, ceux qui viennent !). 
La matinée est dédiée au bilan des actions de l'année écoulée, et au renouvellement du Conseil d'Administration pour moitié. Et, oh surprise, cette année votre guide de poche a été élu pour en faire partie ! Me voici donc membre du CA de GRENAT... espérons que je mènerai à bien les éventuelles missions qui me seront confiées !

Grenat - CA 2019

Mais ce n'est pas là le sujet de ce billet... 
Après un bon repas, l'après-midi de l'Assemblée Générale est généralement l'occasion pour nous d'une petite visite découverte. Cette année, l'AG ayant eu lieu chez nos collègues auvergnates à Clermont-Ferrand, nous nous sommes rendus à Chatel-Guyon, très belle station thermale donc je vous reparlerai dans un prochain billet.

L'année dernière, c'est un vignoble viennois que nous avions découvert, et en 2017, lors de ma toute première année en tant qu'adhérent, c'est à Bourg-en-Bresse que nous étions... et c'est là bas que nous nous rendons pour le billet-découverte de ce dimanche !

Bourg en bresse - Hôtel-Dieu

Outre le Monastère de Brou, monument préféré des français en 2014 qu'on ne présente plus, la ville abrite une autre pépite patrimoniale, d'un tout autre genre... pour la trouver, il faut se rendre dans l'aile sud de l'ancien Hôtel-Dieu de Bourg-en-Bresse construit au XVIIIème siècle à quelques minutes du monastère (500m). Après quelques couloirs, là voici qui se dévoile : l'apothicairerie ! 

Bourg en Bresse - Apothicairerie


J'ai eu le plaisir de la découvrir grâce à GRENAT, et maintenant je vous y embarque pour une petite visite virtuelle.

L'ancienne pharmacie hospitalière est composée de trois pièces.


La première, la plus petite, abrite le LABORATOIRE :

Bourg en Bresse - Apothicairerie - Le laboratoire


C'est l'un des rares encore en état de fonctionnement ! Parmi les éléments les plus remarquables, le fourneau et son beau col de cygne... il disposait déjà de l'eau courante ! Tout le nécessaire est là si vous vous sentez l'âme d'un pharmacien du XIXème : alambics et bouilloires en cuivre, mortiers, vaisselles... certains objets sont plus anciens encore que l'apothicairerie, car ils ont été récupérés d'un autre hôpital fondé plus tôt !

Bourg en Bresse - Apothicairerie - Le laboratoire et ses alambics


La visite se poursuit avec l'ARRIERE BOUTIQUE :

Bourg en Bresse - Apothicairerie - L'arrière boutique

On arrive là dans une pièce un peu plus spacieuse, où sont stockées les matières premières, dans une multitude de récipients : des pots, des boites... portant à chaque fois le nom des ingrédients soigneusement conservés : serpetaire acorus, scordium, raphanus... non non, nous ne sommes pas dans Harry Potter ! Et, contrairement à ce que l'on pourrait penser, même si l'apothicairerie n'est plus utilisée en tant que telle depuis plus de 40 ans... une grande partie des contenants possèdent encore leurs ingrédients !

Bourg en Bresse - Apothicairerie - L'arrière boutique : coffret et ingrédients d'origine

Outre ces précieuses matières premières, l'arrière-boutique abrite également une comode Louis-Philippe, surmontée d'une petite vitrine dévoilant une autre richesse de cette apothicairerie : une collection d'ouvrages médicaux, du XVIIème au XXème siècles, parmi lesquels la formidable "Histoire Naturelle" de Georges-Louis Leclerc de Buffon, magnifique témoignage du savoir d'autrefois.

 

Bourg en Bresse - Apothicairerie - Ouvrages anciens

Dans la continuité du laboratoire et de l'arrière boutique, se trouve la véritable boutique, appelée OFFICINE :

Bourg en Bresse - Apothicairerie - L'Officine

C'est la pièce la plus grande de l'apothicairerie. Comme dans l'arrière boutique, on retrouve ici des étagères pleines de pots, de boites... près de 1000 contenants ! 

Bourg en Bresse - Apothicairerie - L'Officine, plus de 1000 contenants !

On remarquera le travail sur les boiseries, certaines réalisées pour accueillir les pots plus imposants : les "monstres".

Bourg en bresse apothicairerie l officine un monstre et sa boiserie parfaitement adaptee


Comme nous sommes dans la boutique, vous ne serez pas surpris d'y trouver aussi quelques balances d'autrefois, qui permettaient de peser, à l'aide de petits poids, les ingrédients dont on avait besoin, souvent en infime quantité !

Bourg en Bresse - Apothicairerie - L'Officine - Balance

Vous voulez en savoir un peu plus ? Aller, mieux que mes photos, une petite vidéo où Edith Buisson, guide conférencière, vous présente les lieux : 






LES VISITES :

Si ce petit billet-découverte vous a donné l'envie d'aller voir de vos propres yeux ce petit trésor caché à deux pas du Monastère de Brou, sachez que l'apothicairerie de Bourg-en-Bresse n'est ouverte au public que par le biais de visites guidées, organisées par l'Office de Tourisme tous les samedi à 14h30 pour le grand public (6€/pers, 1h15/1h30 de visite). L'été, un 2e créneau de visite est proposé le mardi matin à 10h30.
Des visites adaptées aux enfants sont aussi organisées, pendant les vacances scolaires de la zone A, le mercredi à 15h30 (3.50€/enfant, 4.50€ pour l'adulte accompagnateur, pour 1h15 de visite).

Plus d'infos sur toutes les activités proposées, et plus de photos sur
le site internet de l'apothicairerie de Bourg en Bresse


A la semaine prochaine pour d'autres découvertes ou idées de sortie ! ;-) 
 

 

Votre guide de poche, Steve.

 

 

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1 DIMANCHE = 1 DECOUVERTE : Le Musée d'Art Sacré Contemporain Saint-Hugues-de-Chartreuse

Eglise Saint Hugues de Chartreuse

Aujourd'hui, pour le billet-découverte dominical, c'est à la montagne que je vous emmène, plus exactement en Chartreuse !
Qui a dit qu'on ne pouvait pas, entre deux randos ou deux sorties raquette, faire une petite pause culturelle ? A Saint-Hugue en Chartreuse, c'est possible, grâce au Musée d'Art Sacré Contemporain, installé dans l'église du village.

L'Eglise Saint-Hugues-de-Chartreuse, construite en 1860, abrite depuis 1953 un riche décor réalisé par un seul et même artiste, ARCABAS, qui a créé en presque 40 ans, plus d'une centaine d'oeuvres réparties essentiellement en 3 registres superposés ceinturant tout l'édifice.


La nef de l'Eglise Saint Hugues de Chartreuse

Le Choeur de l'Eglise Saint Hugues de Chartreuse

Le registre central est le plus ancien (1953-1967). Il s'agit d'un ensemble de peintures sur toiles de jute de 144m², abordant la vie divine dans le choeur (avec une représentation de la Cène) et la vie terrestre dans la nef (la naissance, le travail, la mort...).
Pas totalement satisfait de ce 1er travail trop sombre à son goût, l'artiste poursuit son oeuvre, 6 ans plus tard, en réalisant le bandeau supérieur : le Couronnement (1973-1985). C'est un ensemble de peinture cette fois-ci beaucoup plus colorées, et abstraites, mais non dénuées de sens puisqu'inspirées, entre autres, du Psaume 150, expression de la louange à Dieu à travers la musique.
Après avoir fait don de son oeuvre au Département de l'Isère, qui va pouvoir faire du lieu le Musée d'Art Sacré Contemporain, ARCABAS réalise le bandeau inférieur, la Predelle, où il raconte sa vision du monde à travers un ensemble de 53 toiles peintes... en moins d'un an !

Mais ARCABAS, ce ne sont pas seulement des peintures. Il a aussi conçu les vitraux, des incrustations au sol, ou encore des sculptures, comme ce Christ en croix, dernière oeuvre en date installée dans l'Eglise en Décembre 1991... 38 ans après les premières peintures ! 

Christ en croix par Arcabas, 1991


Mieux que des mots, des images seront plus explicites pour vous faire découvrir ce site unique en son genre, voici donc deux vidéos vous présentant les lieux :
 

Et pour mieux comprendre la démarche de l'artiste... autant le rencontrer ! Enfin presque, avec cette petite interview enregistrée en 2010 :



Arcabas par eglise_catho


Evidemment le mieux, pour apprécier le travail d'ARCABAS, c'est encore d'aller l'admirer de vos propres yeux !

Le Musée est ouvert tous les jours sauf le mardi, de 10h à 13h et de 14h à 18h (sauf 1er janvier et 1er mai), et offre une visite guidée gratuite le 2e samedi du mois à 10h, l'idéal si l'on souhaite aller plus loin dans la compréhension de l'oeuvre et de l'artiste ! Une multitude d'ateliers sont également proposés durant les vacances scolaires, pour les enfants mais aussi les plus grands : consultez le programme des animations !

Pour ma part, intervenant déjà ponctuellement au Musée de la Grance Chartreuse, j'espère pouvoir intégrer prochainement ce Musée d'Art Sacré Contemporain dans mon offre de visites guidées, afin de l'inclure aussi dans différents circuits de visites... mais patience, pour l'instant, j'ai déjà beaucoup de nouveautés en préparation, elles arrivent bientôt... ! ;-)

 

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1 DIMANCHE = 1 DECOUVERTE : Le Grand Séchoir - Maison du Pays de la Noix, à VINAY


Perdu aujourd'hui au milieu de la plaine de Tullins, pour encadrer le dernier rendez-vous patrimonial du Pays d'Art et d'Histoire du Pays Voironnais, sur le thème du patrimoine rural, j'ai pu voir sur le chemin pas mal d'exploitants à l'oeuvre pour le ramassage des noix, une récolte tardive du fait de la sécheresse qui a frappé et frappe encore notre territoire cette année.

Du coup je me suis dit, tiens, un petit billet découverte, sur un lieu qui nous dit TOUT sur la noix : le Grand Séchoir, à Vinay !

Grand sechoir

C'est le 11 Juin 2005, que la Communauté de Communes de Vinay a inauguré ce lieu longtemps désiré dans la région : un musée qui raconte l'histoire du pays de la noix de Grenoble, et des hommes qui ont fait la renommée de ce fruit emblématique de la région dauphinoise, qui bénéficie d'ailleurs de l'Appellation d'Origine Contrôlée (AOC) depuis 1938 ! 80 ans déjà !!!

Grand sechoir le sechoir a noix

Installé dans une ancienne ferme traditionnelle avec séchoir à noix, entièrement rénovée pour l'occasion, le musée offre une exposition permanente qui revient dans un premier temps sur l'origine de la noix et de sa culture dans notre région, dès l'antiquité, puis son fort développement depuis la fin du XIXème siècle en remplacement des vignes et muriers attaqués par le phylloxera.

Une seconde salle est consacrée à la "civilisation de la noix" : du greffage au mondage des noix, en passant par les plantations, le hersage, le gaulage, le ramassage... c'est tout un savoir-faire qui est mis en oeuvre par les nuciculteurs, et qui nous est expliqué ici à travers la présentation d'outils d'époque et de photos.

Grand séchoir : les outils nécessaires en nuciculture


Grand séchoir - Les récoltes autrefois

Après cette présentation "historique", l'exposition revient sur l'obtention de l'AOC dès 1938, et la filiale nucicole actuelle (10 000 tonnes de noix de Grenoble produites par an!), avec de nouvelles méthodes, notamment de récolte, présentées grâce à un film tourné au coeur d'une exploitation locale.

Evidemment, le musée revient aussi sur le patrimoine architectural des séchoirs à noix qui marque le paysage local.

Grand Séchoir - Maquette séchoir à noix en sacoche

Grand Séchoir - Maquette séchoir à noix autonome (St Quentin sur Isère)

Enfin, outre les différents usages de la noix (huile, vin de noix, pâtisseries...) et du bois de noyer (meubles, crosses de fusil...), vous pourrez découvrir une très riche collection de plus de 2000 noix du monde entier, ainsi que de drôles de créations... à partir de noix, évidemment !

Grand Séchoir - Meuble en bois de noyer

Grand Séchoir - Créations originales

Comptez entre une heure et une heure et demi de visite, suivant votre intérêt pour le sujet bien sûr, sachant qu'il ne faut pas manquer aussi l'exposition temporaire, en ce moment sur les "Paysages de la vallée aux 600 000 noyers" :
 



 

De multiples animations sont également proposées tout au long de l'année : visites guidées, visites théâtralisées, conférences, ateliers pour les enfants... tout le programme pour petits et grands dans l'agenda du musée !

Bonne visite à tous ! 

PLUS DE PHOTOS DU GRAND SECHOIR ICI !

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LES INFOS PRATIQUES POUR ORGANISER VOTRE VISITE :

   Adresse : 
        Le Grand Séchoir 705 route de Grenoble 38 470 VINAY (Sur la RD 1092, à la sortie de Vinay en direction de Tullins, très facile à trouver !)

   Ouverture :
        - Du 1er Avril au 31 Octobre : tous les jours sauf le lundi, de 10h à 18h.
        - Du 1er Novembre au 31 Mars : tous les jours sauf le lundi, de 14h à 17h30.

   Fermeture :
        - Tous les lundis
        - En Janvier, ainsi que les 1er Mai et 25 Décembre

   Tarifs : 
        - Plein tarif : 4,50€
        - Tarif réduit : 3,50€ (10/18 ans, lycéens, étudiants, RSA, demandeurs d'emplois, familles nombreuses, et invalidité)
        - Gratuit (pour les moins de 10 ans)

Site accessible aux personnes à mobilité réduite.

 

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