PATRIMOINE - L'ART SOUS TOUTES SES FORMES

Vous retrouvez-ici tous mes articles qui vous présentent une oeuvre, ou vous parle de l'art, quel qu'il soit : peinture, musique, photographie, mobilier... tout sera ici ! 

1 DIMANCHE = 1 DECOUVERTE : Les Jardins Secrets, à VAULX (Haute-Savoie)



Entrée des Jardins Secrets

Avec le printemps, les Jardins se réveillent... après celui de Rosa Mir, à Lyon, cette semaine je vous propose de partir en Haute-Savoie pour (re)découvrir les Jardins Secrets, à Vaulx, puisqu'ils réouvrent leurs portes ce weekend !

Ceux qui me suivent sur facebook, se souviennent peut-être que j'y étais il y a quelques temps déjà, j'avais partagé une photo de mon "retour" sur ces lieux qui furent les premiers où j'ai véritablement guidé (après une 1ère approche du guidage aux Secrets d'Antésite à Voiron), c'était durant l'été... 2008 !


Profitant de repérages que je faisais au Château de Montrottier, je me devais de venir faire un coucou à Alain, Nicole et leur fille Myriam, créateurs de ce petit paradis perdu que sont les Jardins Secrets... jardins qui ont bien évolué depuis que je les avais quittés !

Les jardins secrets



LES JARDINS SECRETS, QU'EST-CE QUE C'EST ?

Les Jardins Secrets sont avant tout l'oeuvre d'un couple, Alain et Nicole MOUMEN, qui achète une vieille ferme perdue à Vaulx, en 1980, et s'y installe avec leurs trois filles adolescentes : Leïla, Myriam et Sonia. Après la restauration progressive de la ferme, Alain commence à aménager le terrain qui l'entoure, et embarque sa famille dans la réalisation de jardins architecturés où se mêlent les plantes et les fleurs, bien sûr, mais aussi tourelles, galeries, fontaines, sculptures... un monde surréaliste prend forme !

Jardins Secrets - Fleurs, décors, architecture...


Les inspirations sont multiples, Alain et Nicole se nourrissant de leurs voyages, et les matériaux sont variés : bois, mortier de chaux, cuivre, calcin, pierres...

Ces drôles de jardins apparus en pleine campagne attirent et séduisent rapidement les curieux, à tel point que la famille décide alors d'en ouvrir les portes au public, en 1994 : depuis, les visiteurs voient grandir et évoluer les jardins... car évidemment Alain et Nicole ne se sont pas arrêtés, loin de là, leur créativité fonctionne à plein régime, pour le plus grand bonheur des curieux qui osent franchir la porte de leurs jardins !



ET SI VOUS VISITIEZ, VOUS AUSSI ?

C'est parti pour une petite visite virtuelle, pour vous donner envie d'y aller !

 

Jardins secrets : fleurs, décors, architecture... 

Dès l'entrée, fleurs, architecture et décors s'entremêlent... ça donne le ton !

Jardins Secrets - Des jardins architecturés

La déambulation proposée nous fait longer de magnifiques arcades sur notre droite, qui laissent entrevoir le superbe Jardin de Curé, lui donnant des allures de cloître !

Jardins Secrets - Le jardin de curé

Sur la gauche, c'est le Jardin Délice qui s'offre à nous, avec son grand bassin parfait pour une pause goûter rafraîchissante à la fin de la visite, avec les célèbres beignets et le thé à la menthe d'Alain, qui ne manquera pas de partager avec vous ses innombrables anecdotes à propos de ses jardins !

Jardins Secrets - Le jardin Délice

Mais pour le goûter on va patienter un peu, d'abord, direction la salle de projection, pour un petit film de présentation.
Au passage, ne jamais oublier de lever la tête, il y a des choses à observer... PARTOUT ! 


Jardins Secrets - De nombreux espaces de détente...

Jardins Secrets - N'oubliez pas de lever les yeux des décors se dévoilent partout !

Jardins Secrets - Salle de projection

Pour la petite anecdote, lorsque je guidais ici en 2008, cette salle de projection était... l'accueil et la boutique des jardins !
Depuis une nouvelle boutique a fait son apparition, ce qui a permis d'aménager cette salle de projection pour raconter au public l'histoire des jardins.
La visite peut maintenant débuter, et elle démarre avec la Cour du Marronnier et la Ferme, où tout a commencé...

Jardins Secrets - La ferme où tout a commencé !

Jardins Secrets - La cour du grand marronnier

A l'intérieur, les ambiances sont variées, avec une première pièce dédiée à la campagne...

Jardins Secrets - A l'intérieur de la ferme, la campagne

Puis une chambre aux tons provençaux...

Jardins Secrets - A l'intérieur de la ferme, la chambre provençale

L'Apothicairerie est une petite pétite inattendue ! 

Jardins Secrets - A l'intérieur de la ferme, l'apothicairerie.

La chambre autrichienne est tout aussi "boisée" ! 

Jardins Secrets - A l'intérieur de la ferme, la chambre autrichienne

Il est temps de ressortir et d'aller découvrir les Jardins... à commencer par celui de l'apothicaire : 

Jardins Secrets - Le jardin de l'apothicaire vu de la cour du marronnier

La Cour des Calades qui suit, est un bel exemple de travail en famille :

Jardins Secrets - La cour des calades

De là vous avez un aperçu sur les Loges de la Folie, qui sont devenues l'emblème des Jardins Secrets, est-il besoin de préciser pourquoi ?! ^^

Jardins Secrets - Les loges de la folie

Sans doute l'un des plus beaux espaces des jardins !
Partons maintenant en voyage...


Jardins Secrets - Le salon aux étoiles

... avec le Salon aux étoiles ! 
Il s'ouvre sur un autre espace inattendu : la piscine familiale ! 


Jardins Secrets - La piscine réservée aux propriétaires des lieux

Si vous souhaitez voyager encore un peu, allez jeter un oeil au salon marocain, là bas au bout de la piscine, sur la droite...

Jardins Secrets - Le salon marocain

Avant de ressortir dans les Jardins, ne manquez pas de visiter la discrète petite chambre bleue !


Jardins Secrets - La chambre bleue

Une dernière touche orientale avant de sortir ? Il suffit de demander, bienvenus en Inde...


Jardins Secrets - Le salon indien

Aller, il est temps de retourner aux Jardins à présent...

Jardins Secrets - Le jardin des lyres

Le Jardin des Lyres vous offre la musique de ses quatre fontaines... puis pour la suite, empruntez la galerie des moucharabiehs !

Jardins Secrets - La galerie des moucharabiehs

Que de bois travaillé !
Ne manquez pas, sur la gauche de cette galerie, de jeter un oeil sur le Salon des Babouches !


Jardins Secrets - Le salon des babouches

Celui-ci vous offre une fenêtre sur l'avenir des Jardins : ici, la créativité d'Alain nous prépare de belles surprises... 
Reprenons la galerie, puis l'allée et... oh ! 


Jardins Secrets - Le jardin de curé et l'Isle joyeuse

Regardez sur la droite, nous voilà dans le jardin de curé, aperçu en début de visite !
Le traverser permet de rejoindre l'une des dernières créations d'Alain, l'Isle Joyeuse, qui était encore en construction lorsque je guidais aux Jardins en 2008 !
Allons-y !


Jardins Secrets - L'Isle joyeuse

Du bois, des luminaires, et le tout cerné par des douves, qui dans l'imaginaire d'Alain devaient être en eau, mais la réalité est plus délicate... nul doute qu'il trouvera une autre manière de mettre en valeur son île !

Jardins Secrets - Retour au jardin Délice

Nous revoilà au Jardin Délice, il est temps de succomber à un petit thé à la menthe accompagné de son beignet, non ? ^^

Jardins Secrets - Le salon de thé/restaurant

Vous pouvez prendre le thé au jardin, ou au salon de thé, qui, l'été, est aussi la salle de restaurant des Jardins Secrets !
Et voilà, il est temps de repartir... 

Jardins Secrets - Au revoir les jardins secrets, à une prochaine !



Mes photos datent de 2017, il y a donc sans doute eu encore un peu de changement, mais j'espère que cette visite virtuelle vous a plu ?!

Si elle a éveillé votre curiosité, alors foncez visiter en vrai, car les photos ne rendent pas justice à ces 7000m2 de jardins aménagés, vous manquez de multiples détails, les décors, le bruit de l'eau, l'odeurs et les couleurs des fleurs... et puis, surtout, sur place vous découvrirez un dernier jardin, l'un des plus beaux, le Jardin Andalou, que je ne vous ai pas montré ici !
(Oui bon en fait la vrai raison de son absence de cette visite virtuelle, c'est qu'avec le nouveau sens de visite, attiré par l'Isle Joyeuse que je ne connaissais pas, j'ai complètement oublié le Jardin Andalou... il va falloir que j'y retourne du coup !) 




INFOS PRATIQUES POUR ORGANISER VOTRE VISITE EN 2019 :

Ouverture : Tous les jours du 14 Avril au 6 Octobre 2019

• Du 14 avril au 6 juillet : 
- Samedi, dimanche et jours fériés : billetterie ouverte de 13h30 à 17h30. 
- Du lundi au vendredi inclus : billetterie ouverte de 14h à 17h. 

• Du 7 juillet au 1er septembre : 
Ouverts toute la journée avec un service de restauration légère, à midi sur 
les terrasses. Billetterie ouverte de 10h30 à 17h30. 

• Du 2 septembre au 6 octobre : 
- Samedi et dimanche : billetterie ouverte de 13h30 à 17h. 
- Du lundi au vendredi : billetterie ouverte de 14h à 16h30. 

Les jardins restent ouverts une heure après la fermeture de la billeterie.

Tarifs :

Plein tarif : 8,50 € 
Tarif réduit (personne en situation de handicap, étudiant, chômeur, jeune de 12 à 18 ans…) : 7 € 
Enfants de 4 à 12 ans et personnes à mobilité réduite : 4 € 
Moins de 4 ans : gratuit 

Accès :

J'espère que vous prendrez autant de plaisir que moi à visiter ces jardins... et si vous cherchez un guide, vous savez où me trouver !!! ;-)


Steve, votre guide de poche !

 

 

Jardins Secrets - Des points de vue variés...

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1 DIMANCHE = 1 DECOUVERTE : Le Domaine de Saint-Jean de Chépy, à TULLINS


Pour le billet-découverte de ce dimanche, coup de projecteur sur le Domaine de Saint-Jean de Chépy, situé dans la plaine de Tullins, en Isère.

Saint Jean de Chépy

J'ai déjà eu l'occasion de vous en parler un peu, via ma page facebook, car j'y ai guidé deux belles visites en 2017 (non sans succès, avec près de 100 personnes pour la 2e !), dans le cadre des "Rendez-vous Patrimoine" en Pays d'Art et d'Histoire du Pays Voironnais que j'assure depuis cinq ans maintenant.

Le domaine ne fera malheureusement pas partie de la programmation du Pays d'Art et d'Histoire cette année, en revanche je suis ravi de vous annoncer que nous mettons en place un partenariat ensemble, et que je pourrai à nouveau vous faire découvrir les lieux lors des prochaines portes ouvertes du domaine le Mercredi 1er Mai prochain, avec 3 visites prévues à 10h15, 14h et 16h ! 

Programme portes ouvertes 2019

Exposants portes ouvertes 2019

Comme vous pouvez le voir, une multitude d'animations seront proposées pour les Portes Ouvertes... et tout est GRATUIT ! Alors venez nombreux (re)découvrir le domaine ! :D 

Mais au fait, qu'est-ce qu'il y a à voir, au Domaine de Saint Jean de Chépy ?! 



Une ancienne maison forte, une mystérieuse voûte céleste, d'anciens canaux industriels, un magnifique écrin de verdure et de biodiversité... et l'art contemporain dans tous ses états !

Voilà comment on pourrait "résumer" le Domaine de Saint Jean de Chépy ! Voyons cela en détails.

Saint-Jean de Chépy : une ancienne maison forte

Dès votre entrée sur le domaine en effet, vous ne pouvez manquer l'imposante bâtisse aux tours rondes et tourelles, tel un petit château-fort miniature, trônant au coeur du parc !

Tullins - Saint-Jean de Chépy

L'inventaire du patrimoine mené sur le territoire du Pays Voironnais ces deux dernières années (qui s'expose actuellement aux Caves de la Chartreuse à Voiron), a permis de remonter jusqu'au XIIIème siècle pour les premières mentions écrites de la "maison de Chépy", sans pour autant certifier qu'il s'agisse du bâti actuel, qui, par ses caractéristiques architecturales, semble plutôt être du XVIIème siècle.

Une voute céleste exceptionnelle, pour un petit Dauphinois à la vie remarquable

Sans doute l'imposante demeure actuelle est-elle le résultat d'une restructuration/reconstruction effectuées par celui qui a commandé et fait réaliser le joyau qu'elle renferme : la voute céleste de Maurice Bressieu (1546-1617)

Tullins - Saint-Jean de Chépy - Voûte céleste
(Crédit Photo : Domaine de Saint Jean de Chépy)


Maurice Bressieu est un homme qui eut une vie remarquable pour son époque. En effet, né dans la campagne dauphinoise de Tullins au milieu du XVIème siècle, dans une famille certes noble (son père était avocat au Parlement du Dauphiné), qui aurait pu prédire malgré tout qu'il côtoie les "grands" de l'époque, en devenant lecteur royal, puis orateur royal à Rome pour Henri III auprès du Pape Sixte V et intendant de la bibliothèque du Vatican ?! 
Il côtoiera également Henri IV, le Pape Clément VIII, le Duc de Nevers... pas mal pour un petit dauphinois, non ?! 

On n'a pas retrouvé pour l'instant la moindre représentation de la bouille de ce grand mathématicien et religieux, mais on sait qu'il était "caressé des grands, respecté des petits, et aymé de tous !". Mais loin de prendre la grosse tête, il n'oublia pas ses racines, puisqu'il revint sur ses terres natales tullinoises pour vivre ses vieux jours... et réaménager le domaine familial, et notamment l'exceptionnelle voûte céleste, véritable petit trésor peint au début du XVIIème siècle dans la tour Sud. 

St-Jean de Chépy - La mystérieuse voute céleste
(Crédit Photo : Domaine de Saint Jean de Chépy)


Par qui a été peinte cette voute ? Pourquoi ? A-t-elle une signification particulière ? Nul ne le sait... ce qui donne lieu aujourd'hui à de multiples interprétations, et c'est aussi ce qui fait son charme !

Un ancien site industriel

Au fil des différents propriétaires, au delà de la belle demeure, plusieurs ateliers artisanaux se succéderont sur le site (martinet, battoir à chanvre...). La présence de la Fure, toute proche, le permet, et va même inciter le développement, au XIXème siècle, de deux usines d'effilochages, sans compter d'autres sites en amont. 
Aujourd'hui, difficile de deviner ce passé industriel, mais les fins observateurs comprendront vite que les canaux qui parcourent et embellissent aujourd'hui le parc sont les derniers vestiges de ces usines : ils furent en effet aménagés pour détourner une partie des eaux de la Fure sur le domaine, pour alimenter les usines... en énergie hydraulique ! 
D'ailleurs, une turbine est toujours là... pour alimenter de nouveau le site en électricité !

Saint-Jean de Chépy - Reflets sur le canal

Un écrin de verdure, refuge de biodiversité LPO

L'ancienne maison forte, riche d'histoire vous l'aurez compris, est implantée dans un beau "sanctuaire" naturel au coeur de la plaine de Tullins. En effet, un parc de 10 hectares entoure cette belle demeure, et offre ainsi un véritable refuge aux oiseaux de la région, ou une belle escale aux oiseaux simplement de passage. Ainsi, le domaine fait parti des "refuges de biodiversité LPO" (Ligue pour la Protection des Oiseaux).

Saint Jean de Chépy - Un écrin de verdureSaint Jean de Chépy - De l'eau et de la verdure partout

Saint Jean de Chépy - La pièce d'eau

Une petite partie a été aménagée pour accueillir les structures nécessaires à l'activité actuelle du domaine (j'y reviendrai un peu plus loin), mais la plus grande partie du parc reste "à l'état sauvage" ou presque, et tout est fait pour en faire un "refuge de biodiversité", et pas seulement pour les oiseaux !

Saint Jean de Chépy - Le rucher d'entreprises

Un "rucher d'entreprise" a notamment été mis en place.
Le principe ? Des entreprises partenaires financent l'installation d'une ruche, s'engageant ainsi dans une démarche de développement durable à travers la sauvegarde des abeilles... et reçoivent en échange quelques pots de miel, à offrir à leurs employés ou leurs clients. Créé en 2014, le concept a déjà séduit 14 entreprises, permettant donc l'installation de 14 ruches dans le parc (chiffres 2017) !

Mais le Domaine de Saint-Jean de Chépy a aussi installé des petits nichoirs à chauve-souris, un hôtel à insectes... et s'engage aussi, au quotidien, par un fauchage raisonné, un désherbage manuel etc... ainsi que le développement d'un parcours pédagogique pour sensibiliser le public à ce "patrimoine naturel".

Tullins - Saint-Jean de Chépy - L'hôtel à insectes

Le Chant des Sculptures : l'art contemporain dans tous ses états, au coeur de la nature

Si la voute céleste est sans conteste le joyau "historique" du Domaine, et le parc un bel écrin naturel exceptionnel, le Chant des Sculptures est, quant à lui, sa "galerie d'art contemporain", au coeur même de ce cocon de verdure. 

Depuis 2008 en effet, est organisé chaque année un "Symposium de sculptures" par l'Association Art Chépy (créée par les propriétaires lors de la création du Domaine) : tous les étés, durant la première quinzaine d'août, des artistes viennent chacun réaliser une oeuvre d'art sur le Domaine, créant ainsi un parcours artistique dans le parc qui entoure la bâtisse historique : le Chant des Sculptures.

Ainsi, au fil des 11 symposiums déjà réalisés, ce ne sont pas moins d'une soixantaine d'oeuvres qui ont été créées, et qui embellissent désormais le parc en s'intégrant harmonieusement dans ce décor naturel. Vous avez déjà aperçu quelques unes de ces oeuvres sur les photos précédentes (peut être sans vous en rendre compte d'ailleurs !), je vous en glisse quelques autres photos ci-dessous, mais pas les 60 évidemment, il faut garder un peu de mystère... ! 

Saint-Jean de Chépy - Le chant des sculpturesSaint-Jean de Chépy - Le chant des sculpturesSaint-Jean de Chépy - Le chant des sculptures

Saint-Jean de Chépy - Le chant des sculpturesSaint-Jean de Chépy - Le chant des sculpturesSaint-Jean de Chépy - Le chant des sculptures

Saint-Jean de Chépy - 10e symposium de sculpture en 2017Saint-Jean de Chépy - 10e symposium de sculpture en 2017Saint-Jean de Chépy - 10e symposium de sculpture en 2017

Le Domaine Saint-Jean de Chépy aujourd'hui : 

Fort de ses 4 salons dans le château (30 à 60m2), mais aussi et surtout des infrastructures créées à proximité, notamment la Grange des Prés, pouvant accueillir 200 (repas assis), 250 (conférence) et même 350 personnes (cocktail), mais aussi un chapiteau (+200 pers en repas assis, ou 300 pers en cocktail), le Domaine Saint Jean de Chépy accueille aujourd'hui chaque année une centaine de séminaires en semaine, et plusieurs dizaines de mariages, baptêmes et autres événéments familiaux les weekends.

Outre ces espaces de réception, le site offre des hébergements (19 chambres dont deux dans la maison historique), une piscine, et une restauration locale... bref, un lieu idéal pour vos événements professionnels ou familiaux !

Saint Jean de Chépy - Séminaires et réceptions
Crédits photo Domaine Saint-Jean de Chépy

Une famille... et une association : Art Chépy

C'est en Janvier 2001 que le Domaine Saint Jean de Chépy reprend vie, sous l'impulsion de la famille Martinenghi, plus exactement Henri, et son fils Philippe, actuel président du Domaine. Depuis qu'ils l'ont acquis, ils ont voulu faire de ce domaine historique un lieu unique, où se conjuguent événements professionnels et privés, mais sous le sceau de la culture, de la nature et du bien être.

Saint-Jean de Chépy - Philippe et Henri Martinenghi, propriétaires et gestionnaires du Domaine

C'est pour cela qu'en parallèle de l'activité économique du Domaine, fut créé l'Association Art Chépy, pour l'animation culturelle du site tout au long de l'année (concert...), et la promotion de l'art contemporain, avec l'organisation du Symposium de Sculpture, tous les étés depuis 2006, durant lequel le public assiste à la réalisation des nouvelles oeuvres, rencontre et échange avec les artistes... qui font aujourd'hui du Domaine Saint Jean de Chépy un véritable Musée d'Art Contemporain à ciel ouvert, un lieu de contemplation où l'art s'accorde harmonieusement avec le bâti et la nature qui l'entourent !

Découvrir le Domaine

Pour ceux qui le souhaitent, en accord avec les propriétaires, nous pouvons organiser ensemble une visite guidée du domaine, en petit comité ou en groupe, selon les disponibilités des lieux évidemment ! Je serai ravi de vous faire découvrir toutes les facettes de ce domaine que j'affectionne particulièrement, vous l'aurez compris je crois !

Sinon, si vous ne voulez pas de moi (snif !), plusieurs événements vous permettent bien sûr de profiter des lieux tout au long de l'année :

     - 4 Avril 2019, à partir de 19h30 : Récit de Jean Marc Rochette, peintre et dessinateur grenoblois (inscription au 04-76-07-22-10, 10€/pers)
     - Chaque 1er mai : les Portes Ouvertes du Domaine (Gratuit)
     - 24 Juin 2019, à partir de 20h : Concert gospel du groupe "One More Voice" et Feu de la Saint-Jean (inscription au 04-76-07-22-10, 15€/pers)
     - Du 29 Juillet au 9 Août 2018 : 12e Symposium de Sculpture (Gratuit)

Plus d'informations sur ces événements sur le site internet de l'Association Art Chépy qui les organise !

Infos pratiques : 

En dehors de ces événements ouverts au public, vous pouvez également visiter librement les lieux, suivant leur disponibilité, EN CONTACTANT LE DOMAINE AU PREALABLE ET AVANT TOUT DEPLACEMENT (04-76-07-22-10). Il est important de prendre contact au préalable, car le lieu peut accueillir des séminaires, des événements privés... qui vous fermeraient alors les portes du Domaine ! Merci donc de téléphoner avant, on vous donnera toutes les informations nécessaires pour organiser votre visite dans les meilleures conditions !

 

 

Voilà je crois que je n'ai rien oublié, notre petite visite virtuelle se termine donc ici...

Saint-Jean de Chépy - Chant des sculptures

... oh bah non il ne faut pas faire cette tête là ! Toutes les bonnes choses ont une fin comme on dit ! ;-)

Si cette petite visite virtuelle d'un de mes lieux préférés de la région vous a plu, je vous dis à très vite pour d'autres découvertes, virtuelles ou... sur le terrain ! 

 

Votre guide de poche, Steve

 

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1 DIMANCHE = 1 DECOUVERTE : Les coffins

Pour ce nouveau billet-découverte, je souhaite vous présenter un objet de la vie quotidienne, du moins, de la vie quotidienne d'autrefois, qu'utilisaient notamment ceux qu'on appelait les "Gens de l'Alpe", les habitants de nos montagnes en somme (pas le yéti hein... ni le dahu !).

Coffin en bois daté de 1738Coffin a fond pointuCet objet, c'est un coffin.

A vrai dire, on le trouvait autrefois un peu partout en France, parfois sous un autre nom suivant la région : ainsi, chez nos amis Auvergnats, on parle de "couiller".

Il s'agit d'une petite boîte, plus exactement un étui, le plus souvent en bois, que le paysan portait attaché à la ceinture.
Cet étui lui permettait d'emmener avec lui sa pierre à faux, lorsqu'il partait faucher l'herbe l'été pour préparer le foin, nécessaire pour nourrir son troupeau durant les longs mois d'hiver enfermé à l'étable.


Pour aiguiser efficacement, la pierre à faux doit être humide, c'est pourquoi le paysan glissait dans son coffin un peu d'herbe et d'eau, pour que la pierre reste performante pour affûter sa lame.
Ainsi il avait toujours sur lui sa pierre à faux et n'avait pas besoin de rentrer régulièrement à la ferme à chaque fois que sa lame s'émoussait.

La forme du coffin peut varier, certaines ont un fond plat, d'autres sont pointus et pouvaient être plantés au sol, ce qui évitait par exemple d'en renverser le contenu.

Si la plupart des coffins sont en bois, il en existait aussi en étain, en cuivre, parfois même creusé dans une corne animale.

Coffins realises avec differents materiaux

Mais les plus beaux exemplaires que l'on retrouve aujourd'hui sont sans aucun doute, pour moi en tout cas, les coffins en bois, sculptés à la main, sur lesquels on devine le long travail minutieux effectué durant les longues soirées d'hiver, ou durant les journées de garde à l'alpage l'été.
La plupart du temps, le décor est sobre, une simple date, des initiales pour identifier le propriétaire comme sur la première photo : n'oublions pas que ces petits étuis n'étaient, à l'origine, que des objets "pratiques" !
Pour autant, certains coffins sont aussi devenus de véritables oeuvres d'art, et de magnifiques témoignages du savoir-faire de ces hommes d'autrefois.


Coffins sculptes en bois      Coffin sculpte en bois

Parmi les motifs récurrents, la rosace et la rouelle caractéristiques de la région du Queyras, mais, les fleurs, fruits, entrelacs, ou encore les visages ou des outils pouvaient aussi venir personnaliser cet objet du quotidien, dont l'usage s'est depuis maheureusement perdu...

Coffin vitrine musee dauphinois
Pour en découvrir d'authentiques, n'hésitez pas à faire un tour au Musée Dauphinois, sur les pentes de la Bastille à Grenoble, où l'un des plus anciens présentés est daté de 1738 ! 
L'exposition Gens de l'Alpe où il se trouve, et
dans laquelle je peux vous guider au cours de mes visites, sera l'occasion pour vous de découvrir bien d'autres objets du quotidien... d'autrefois !

Musée Dauphinois

A très vite pour la prochaine découverte du dimanche ! ;-)

Votre guide de poche, Steve


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1 DIMANCHE = 1 DECOUVERTE : Estelle met un râteau à Hector Berlioz

La semaine dernière, je vous dévoilais la longue lettre de déclaration d'amour du compositeur romantique Hector Berlioz (dont je fais visiter régulièrement la maison natale à La Côte Saint André), à son amour d'enfance, Estelle, qu'il a retrouvé après 49 ans d'absence... aujourd'hui, il est temps de découvrir la réponse de la belle, qui malheureusement pour Hector, ne sera pas la réponse attendue puisqu'Estelle va lui mettre ce qu'on appelle familièrement un gros "râteau" !

Alors si vous aussi vous cherchez de l'inspiration pour éconduire un(e) prétendant(e), à vos carnets, prenez des notes ! 



Estelle Fornier (née Dubeuf)Lyon, 29 septembre 1864.

Monsieur,

Je me croirais coupable envers vous et moi-même, si je ne répondais pas tout de suite à votre dernière lettre, et au rêve que vous avez fait sur les relations que vous désirez voir s'établir entre nous. C'est le coeur sur la main que je vais vous parler.
Je ne suis plus qu'une vieille et bien vieille femme (car, monsieur, j'ai six ans de plus que vous), au coeur flétri par des jours passés dans les angoisses, les douleurs physiques et morales de tout genre, qui ne m'ont laissé sur les joies et les sentiments de ce monde aucune illusion. Depuis vingt ans que j'ai perdu mon meilleur ami je n'en ai pas cherché d'autre ; j'ai conservé ceux que d'anciennes relations m'avaient fait ainsi que ceux que des liens de famille m'attachaient naturellement. Depuis le jour fatal où je suis devenue veuve j'ai rompu toutes mes relations, j'ai dit adieu aux plaisirs, aux distractions, pour me consacrer tout entière à mon intérieur, à mes enfants. C'est donc là ma vie depuis vingt ans ; c'est une habitude pour moi dont rien maintenant ne peut rompre le charme ; car c'est dans cette intimité du coeur que je puis trouver le seul repos des jours qu'il me reste à passer dans ce monde ; tout ce qui viendrait en troubler l'uniformité me serait pénible et à charge.

Dans votre lettre du 27 courant vous me dites que vous n'avez qu'un désir, celui que je devienne "votre amie" à l'aide d'un échange de lettres. Croyez-vous sérieusement, monsieur, que cela soit possible ? Je vous connais à peine depuis quarante-neuf ans, je vous ai revu vendredi passé quelques instants ; je ne puis donc apprécier ni vos goûts, ni votre caractère, ni vos qualités, seules choses qui sont la base de l'amitié. Quand il y a entre deux individus les mêmes manières de voir et de sentir, alors la sympathie peut naïtre et arriver ; mais, établir ce que vous attendez de moi ; pour ma part je le crois impossible. Du reste, je dois vous avouer que je suis extrêmement paresseuse pour écrire, j'ai l'esprit aussi engourdi que les doigts ; j'ai une peine extrême à remplir à cet égard mes obligations indispensables. Je ne pourrais donc vous promettre de commencer avec vous une correspondance qui pût être suivie, je manquerais trop souvent à ma promesse pour ne pas vous en avertir d'avance s'il vous est agréable de m'écrire quelque fois je recevrai vos lettres, mais n'attendez pas mes réponses exactement ni promptement.

Vous désirez aussi que je vous dise : "Venez me voir" ; cela n'est pas possible, pas plus que de vous dire : "Vous me trouverez seule" ; le hasard, vendredi, a voulu que je fusse seule pour vous recevoir ; quand je serai à Genève avec mon fils et sa femme, si, quand vous vous présenterez chez eux, je suis seule, je vous recevrai, mais s'ils m'entourent au moment de votre visite, il vous faudra subir leur présence, car je trouverais fort inconvenant qu'il en fût autrement.

C'est avec toute la franchise et la sincérité qui sont le fond de mon caractère que je vous ai tracé ce que je pense et ce que je sens. Je crois devoir encore vous dire qu'il est des illusions, des rêves, qu'il faut savoir abandonner quand les cheveux blancs sont arrivés, et avec eux le désenchantement de tous sentiments nouveaux, même ceux de l'amitié, qui ne peuvent avoir du charme que lorsqu'ils sont nés de relations suivies et dans les heureux jours de la jeunesse. Ce n'est pas, selon moi, au moment où le poids des années se fait sentir, où leur nombre nous a apporté l'expérience de toutes les déceptions, qu'il faut commencer des relations. Je vous avoue que pour moi j'en suis là. Mon avenir se raccourcit tous les jours ; à quoi bon former des relations qu'aujourd'hui voit naître et que demain peut faire évanouir ? Ce n'est que se créer des regrets.

Ne voyez, monsieur, dans tout ce que je viens de vous dire, aucune intention de ma part de blesser les souvenirs que vous avez pour moi ; je les respecte et je suis touchée de leur persistance. Vous êtes encore bien jeune par le coeur, pour moi il n'en est pas ainsi, je suis vieille tout de bon, je ne suis plus bonne à rien qu'à conserver, croyez-le, une large place pour vous dans mon souvenir. J'apprendrai toujours avec plaisir les triomphes que vous êtes appelé à avoir.

Adieu, monsieur, je vous dis encore : recevez l'assurance de mes sentiments affectueux.



Estelle Fornier

 

C'est ce qu'on appelle un râteau dans les règles de l'art ! 
Et quand bien même notre Hector obtiendra d'Estelle par la suite quelques lettres et même quelques rares entrevues, leur relation restera purement amicale... à son grand desespoir !

A très vite pour un prochain billet-découverte !


Steve VACHET, votre guide de poche !

 

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1 DIMANCHE = 1 DECOUVERTE : Hector Berlioz et sa grande déclaration d'amour à Estelle Fornier

Estelle Fornier (née Dubeuf)

La visite du Musée Hector Berlioz, à La Côte Saint André, est l'une de mes plus anciennes visites guidées. Elle a beaucoup évolué depuis mes toutes premières interventions en 2011 ! J'ai, en 9 ans, beaucoup enrichi mon discours, notamment de petites lectures d'extraits des Mémoires de l'artiste, ou, plus croustillant encore, de sa Correspondance, une façon d'entrer au coeur de l'intimité de notre cher Hector Berlioz.

Aujourd'hui, en cette semaine de Saint Valentin, j'ai même guidé une visite inédite tournant autour des Amours de Berlioz uniquement... et près d'une vingtaine de personnes ont répondu présentes, et ont apprécié ce voyage dans la vie amoureuse d'Hector, à la lecture de ses Mémoires et de ses lettres.

Pour ce billet découverte ce dimanche, j'ai justement choisi de partager avec vous ce qui est sans doute l'une de ses plus belles lettres : elle est adressée à Estelle Fornier (née Dubeuf), son amour d'enfance rencontrée à Meylan (amour impossible car il avait 12 ans lorsqu'il a fait connaissance de la belle qui en avait... 18 ! Eh oui, précoce le petit ! ;-)). Il revoit brièvement Estelle un demi-siècle plus tard, en septembre 1864, elle est alors veuve... l'entrevue sera courte, mais il en ressort tout chamboulé, au point, dès son retour à Paris, de déclarer sa flamme à Estelle à travers la lettre suivante :



27 septembre 1864

Paris 4 rue de Calais

Madame,

Vous m’avez accueilli avec une bienveillance simple et digne dont bien peu de femmes eussent été capables en pareil cas. Soyez mille fois bénie. Depuis que je vous ai quittée je souffre beaucoup cependant. J’ai beau me répéter que vous ne pouviez me recevoir mieux, que tout autre accueil eût été peu convenable ou cruel, mon malheureux cœur saigne comme s’il eût été blessé. Je me demande pourquoi, et voici la raison que je trouve : c’est l’absence, c’est que je vous ai vue trop peu, que je ne vous ai pas dit le quart de ce que j’avais à vous dire, et que je suis parti presque comme s’il s’agissait d’une éternelle séparation. Et pourtant vous m’avez donné votre main, je l’ai pressée sur mon front, sur mes lèvres, et j’ai contenu mes larmes ; je vous l’avais promis. Mais j’ai un besoin impérieux, inexorable, de quelques mots encore que vous ne me refuserez pas, je l’espère.

Songez que je vous aime depuis quarante-neuf ans, que je vous ai toujours aimée depuis mon enfance, malgré les orages de toute espèce qui ont ravagé ma vie. La preuve en est dans le profond sentiment que j’éprouve aujourd’hui ; s’il eût un seul jour cessé d’être, il ne se fût pas ranimé sans doute, dans les circonstances actuelles. Combien y a-t-il de femmes qui se soient jamais entendu faire une telle déclaration.

Ne me prenez pas pour un homme bizarre qui est le jouet de son imagination. Non, je suis seulement doué d’une sensibilité très vive, alliée, croyez-le bien, à une grande clairvoyance d’esprit, mais dont les affections vraies sont d’une puissance incomparable et d’une fidélité à toute épreuve. Je vous ai aimée, je vous aime, je vous aimerai, et j’ai soixante et un ans, et je connais le monde et n’ai pas une illusion.

Accordez-moi donc, non comme une sœur de charité accorde ses soins à un malade, mais comme une noble femme de cœur guérit des maux qu’elle a involontairement causés, les trois choses qui seules peuvent me rendre le calme : la permission de vous écrire quelquefois, l’assurance que vous me répondrez et la promesse que vous m’inviterez, au moins une fois de l’an, à venir vous voir.

Mes visites pourraient être inopportunes et par suite importunes si je les faisais sans votre autorisation. Je n’irai donc auprès de vous, à Genève ou ailleurs, que quand vous m’aurez écrit : Venez !

À qui cela pourrait-il paraître étrange ou malséant ? Qu’y a-t-il de plus pur qu’une liaison pareille ? Ne sommes-nous pas libres tous les deux ? Qui serait assez dépourvu d’âme et de bon sens pour la trouver blâmable ? Personne, pas même vos fils ; ils sont, je le sais, des jeunes gens fort distingués. J’avoue seulement qu’il serait affreux de n’obtenir le bonheur de vous voir que devant témoins. Si vous me dites : « Venez », il faut que je puisse causer avec vous comme à notre première entrevue de vendredi dernier, entrevue que je n’ai osé prolonger et dont je n’ai pu goûter le charme douloureux à cause des efforts terribles que je faisais pour refouler mon émotion.

Oh ! madame, madame, je n’ai plus qu’un but dans ce monde, c’est d’obtenir votre affection. Laissez-moi essayer de l’atteindre. Je serai soumis et réservé ; notre correspondance sera aussi peu fréquente que vous le voudrez, elle ne deviendra jamais pour vous une tâche ennuyeuse, quelques lignes de votre main me suffiront. Mes voyages auprès de vous ne pourront être que bien rares ; mais je saurai que votre pensée et la mienne ne sont plus séparées et qu’après tant de tristes années où je n’ai rien été pour vous, j’ai enfin l’espérance de devenir votre ami. Et c’est rare un ami dévoué comme je le serai. Je vous environnerai d’une tendresse si profonde et si douce, d’une affection si complète, où vous trouverez confondues dans le sentiment de l’homme les naïves effusions de cœur de l’enfant. Peut-être y sentirez-vous du charme ; peut-être, enfin me direz-vous un jour  « Je suis votre amie » et voudrez-vous avouer que j’ai bien mérité votre amitié. Adieu, madame, je relis votre billet du 23 et j’y vois à la fin l’assurance de vos sentiments affectueux ; c’est n’est pas une banale formule ? n’est-ce pas ? n’est-ce pas ?

À vous pour toujours.

HECTOR BERLIOZ.

 

Après une telle déclaration, on se demande bien quelle fut la réponse d'Estelle... fut-elle touchée par les mots de notre Hector ? Fut-elle indifférente ? 
Patience... je vous dévoilerai sa réponse dans le prochain billet découverte ! ;-)

Votre guide de poche, Steve

 

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